Permis de conduire: injustices flagrantes et réel danger, par Patrick Sessler

Permis de conduire: injustices flagrantes et réel dangerLes jeunes savent combien il est difficile d’obtenir son permis de conduire du premier coup. Ils savent aussi que cela coûte très cher (parfois plus de 1.000 euros).

Pourtant, il est une catégorie d’automobilistes qui n’a pas dû se fatiguer beaucoup ni payer très cher pour l’obtenir. Il s’agit des ressortissants des 118 pays auxquels la Belgique permet le simple échange d’un permis de conduire du pays d’origine avec un permis belge.

Depuis 2010, plus de 60.000 conducteurs ont utilisé le système dont, pour ne citer que les pays hors Union Européenne: 9.480 Marocains, 3.009 Turcs, 1.313 Japonais, 871, Iraniens, 562 Syriens, 242 Togolais, 107 Indonésiens, 42 Congolais….

L’effet négatif de cette procédure s’est tant fait sentir sur la sécurité routière que le Ministre Wathelet veut agir en imposant une épreuve aux ressortissants des pays non-européens issus de ces 118 pays. Le Ministre se pose, dix ans après le Vlaams Belang, la même question concernant la valeur des permis issus de certains pays: «Parfois, l’examen est le même que le nôtre sur papier, mais est-ce aussi le cas en pratique ? On peut raisonnablement se poser la question», dit-il. Le journal La Capitale faisait allusion dans son édition du 22 novembre dernier au fait qu’au Sénégal «un petit arrangement financier peut permettre de réussir plus facilement son examen pratique». Les Bruxellois comprendront mieux le comportement de certains automobilistes.

Chômeurs  wallons: permis gratuit

Par ailleurs, le Région wallonne va débloquer un budget d’un million d’euros afin de financer l’obtention d’un permis de conduire pratique pour 1.000 chômeurs. A terme, le projet pourrait toucher 35.000 bénéficiaires potentiels pour un coût total de 35 millions d’euros.

Il s’agit de favoriser l’accès à certains emplois qui exigent la détention d’un permis de conduire. L’idée paraît, à première vue, excellente. Nous nous permettrons cependant un bémol: une fois de plus, ce sont les contribuables qui vont payer l’addition. Par contre, le jeune qui travaille devra payer plein prix pour obtenir son permis. L’idée en soit n’est pas mauvaise, mais il faut introduire une donnée de responsabilisation des bénéficiaires. Par exemple en mettant sur pied un mécanisme de remboursement une fois le job acquis et une retenue mensuelle minime sur leurs allocations de chômage pour ceux qui, malgré l’obtention de ce permis, n’ont pas trouvé d’emploi, à titre de remboursement. L’ère du tout gratuit est passée. Les budgets se rabougrissent et la classe moyenne, contribuable, déjà pressée comme un citron, est à bout, des deux côtés de la frontière linguistique. Il faut sans cesse l’avoir à l’esprit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *