Maurice Lippens est une vulgaire crapule, par Patrick Sessler

Tout le monde se souvient de la catastrophe Fortis en 2008. En 24 heures, l’action Fortis s’était effondrée au point de ne pratiquement plus rien valoir.Tout le monde se souvient de la catastrophe Fortis en 2008. En 24 heures, l’action Fortis s’était effondrée au point de ne pratiquement plus rien valoir.

Rapidement, la question des responsabilités s’est posée mais ce n’est que très récemment que le journal L’Echo a pu se procurer des e-mails internes et ce après une longue enquête. L’analyse de ces échanges révèle la fébrilité voire la panique qui hantait les esprits chez Fortis juste avant la chute vertigineuse du titre.

Dans un mail adressé à Jean-Paul Votron le 26 juin vers 1h du matin, Lippens exprime son inquiétude. “Toi et tes équipes -et peut-être moi aussi- allons être confrontés, dans les prochaines heures, à des questions ÉNORMES et EXISTENTIELLES pour l’avenir de Fortis“, écrit-il dans ce courriel. “(…) L’attention devrait uniquement être le SAUVETAGE -et je pense réellement SAUVETAGE- de Fortis“(…) “Sois très prudent. PAS pour moi, mais pour Fortis.”

Le 27 juin 2008, Maurice Lippens accorde une interview à l’émission “Terzake” sur la VRT. Il y affirme que des temps difficiles s’annoncent mais qu’il est optimiste quant à la reprise d’ABN Amro. “Nous avons acquis le plus beau joyau. Et nous disposons d’un matelas. Je dirais: mesdames et messieurs, investissez aussi vite que possible.”

Le lendemain le titre Fortis s’écroulait et des milliers d’actionnaires étaient ruinés.

Le comportement de Maurice Lippens a été criminel. Il savait et pourtant son message était «Mesdames et Messieurs, investissez aussi vite que possible».

Pour l’actionnaire qui perd 25 millions d’euros sur une fortune de 50 millions, c’est un solide revers, mais il lui reste 25 millions. Mais pour le petit épargnant, qui a voulu investir 20.000 euros, toutes ses économies, en bon père de famille, dans un titre présenté comme bétonné par un système bancaire cynique et dont un Maurice Lippens, référence absolue pour certains à l’époque, vante les mérites et pousse à l’investissement de façon appuyée voire pressante, c’est la catastrophe absolue.

Pour ma part, Maurice Lippens doit être condamné à la confiscation de tous ses biens et être assigné à résidence dans un logement social de Molenbeek-Saint-Jean avec pour seule ressource le minimex et ce jusqu’à la fin de ses jours. Pour se faire soigner, il devra faire la queue au CPAS de la commune pour quémander un réquisitoire et pour les fêtes il fera la queue pour recevoir un colis alimentaire.

Aujourd’hui, Maurice Lippens se rend probablement au Palais de Justice dans sa limousine conduite par son chauffeur pour s’entendre dire que l’affaire est remise sine die, c’est-à-dire aux calendes grecques, sans doute en attendant le dépassement du délai raisonnable.

Maurice Lippens est une vulgaire crapule, propre sur elle et bien éduquée, certainement, mais une vulgaire crapule quand même.

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