Les Suisses remettent les horloges à l’heure: bravo et merci ! par Patrick Sessler

Les Suisses remettent les horloges à l’heure: bravo et merci ! par Patrick SesslerLe référendum suisse sur l’immigration massive et son résultat réjouissant a fait couler beaucoup d’encre. Récemment encore, au Parlement européen, l’ineffable Daniel Cohn-Bendit  vouait la Suisse aux gémonies et qualifiait au passage le Front National de Marine Le Pen de ramassis de crétins. Bruno Gollnisch, député FN, lui a cloué le bec vite fait bien fait.

Il est temps de revenir quelque peu sur ce référendum.

Si La Libre Belgique le dit, cela doit être vrai: «Ce n’est pas un vote contre l’Europe, mais un vote identitaire qui a divisé la Suisse dimanche». L’UDC, la droite suisse, qualifiée de populiste mais qu’il faut en réalité appeler «de bon sens», a remporté une victoire d’une importance majeure pour la Suisse mais aussi pour les pays européens aspirant à retrouver leur souveraineté. Les Suisses se sont en effet prononcés par voie de référendum à 50,3 % en faveur de la limitation de «l’immigration de masse». Et La Libre Belgique a encore raison lorsqu’elle observe qu’«Une partie de la Suisse s’inscrit ainsi dans le courant populiste et identitaire qui s’étend en Europe depuis une décennie, de l’Autriche aux Pays-Bas, de la France à la Belgique, et qui risque de peser à nouveau sur les élections européennes de mai prochain».

Fausse démocratie

En Suisse, les citoyens peuvent s’exprimer par référendum sur les sujets qui les touchent et leur avis fait force de loi. La Suisse est de cette façon le pays de loin le plus démocratique d’Europe et même du monde.

En Belgique, comme en France et dans l’ensemble des pays européens, nous vivons sous le régime d’une fausse démocratie. Le principe du référendum à vertu décisoire (obligation de mettre en pratique le résultat du référendum) effraie les états-majors politiques parce que les partis politiques ont peur de leurs électeurs, c’est aussi simple que cela.

Sur l’immigration, ces partis mènent depuis des années des politiques contraires à la volonté de la majorité de nos concitoyens.

Dans notre système, lorsque vous votez pour un parti, vous devez prendre le kit complet. Déjà que ces partis n’appliqueront qu’une partie infime de leur programme (et donc de leurs promesses) par les équilibres nécessaires aux coalitions, que dire des agendas cachés et des fausses promesses délibérées. En Suisse, vous pouvez voter pour un parti pour son programme socio-économique et vous prononcer contre les positions de ce parti lors d’un référendum, par exemple sur l’immigration. Cela fait une fameuse différence.

Même si les matamores qui se déchaînes aujourd’hui font bien rire les Suisses, Erasmus, le programme d’échange international d’étudiants, vient d’en exclure les étudiants suisses en rétorsion du résultat du référendum.

Certains prétendent même aujourd’hui que le système du référendum à vertu décisoire serait sommes toute «antidémocratique». Voilà, une fois de plus que l’ombre de plus en plus gigantesque de George Orwell obscurcit notre horizon démocratique. Lorsque le peuple donne son avis, c’est «antidémocratique» et si le peuple est d’avis contraire aux donneurs de leçons de morale, on exclut des personnes individuelles en rétorsion. Et moi qui pensais que ces comportements étaient caractéristique des dictatures. Comme quoi on peut se tromper.

Un signal reçu 5 sur 5

Si demain, les autres pays d’Europe se dotaient du système suisse, il est évident que le bon sens triompherait dans des proportions révolutionnaires. Fini, les fadaises et les utopies.

Le 25 mai 2014, nous aurons l’occasion de participer à une sorte de référendum au niveau européen grâce aux élections européennes. Les patriotes opposés à l’érosion de notre souveraineté et opposés à l’immigration massive et abusive pourront se compter. Les Suisses nous ont déjà préparé le terrain. Les États sauront-ils écouter et comprendre le message de leurs peuples, là est toute la question.

Aujourd’hui, des hommes et des femmes politiques des 28 pays de l’Union Européenne jouent les matamores en prévoyant de grandes déconvenues économiques pour cette Suisse rebelle. Les Suisses leur disent bien des choses. Risibles petites gesticulations d’individus déconnectés de la réalité qui s’accrochent à une vision d’un monde global qui n’a en réalité jamais existé. Et c’est tant mieux.

Marie-Hélène Miauton est chroniqueuse au journal suisse «Le Temps», elle est sociologue de formation et est fondatrice d’un institut de sondage. Elle prédit avec lucidité: «Le Suisse n’est pas xénophobe» (…) «C’est un pigeon voyageur. Mais il se sent débordé par l’ampleur de l’immigration. Elle pense que si les pays européens faisaient voter demain leur population sur le même sujet, ils auraient probablement plus de 50 % d’électeurs qui se prononceraient comme les Suisses». En ce sens, dit-elle, «la Suisse a lancé un signal». Signal reçu 5 sur 5.

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