Le travail des indépendants doit être respecté et leur sécurité doit être garantie, par Patrick Sessler

Bijouterie, pharmacie, café ou magasin de nuit, ces commerces font l’objet d’une attaque à main armée par jour en Belgique révèle Het Laatste Nieuws (les pharmaciens, +20%, les magasins de nuit, +16,5% et les cafés, +15%.La plus forte croissance des attaques à main armée a été constatée chez les bijoutiers avec +205% par rapport à 2007.

Bijouterie, pharmacie, café ou magasin de nuit, ces commerces font l’objet d’une attaque à main armée par jour en Belgique révèle Het Laatste Nieuws (les pharmaciens, +20%, les magasins de nuit, +16,5% et les cafés, +15%).

Par contre, on observe une baisse concernant les bureaux de poste: -92%, les banques, -66%, les restaurants, -27% et les supermarchés, -20%.

Pour expliquer ce glissement, il faut remarquer que les plus grandes entreprises ont généralement su s’équiper pour contrer ce fléau tandis que les petits commerces n’en ont pas les moyens et ils travaillent principalement avec de l’argent liquide. Une des solution serait d’ «augmenter le paiement électronique qui pourrait effrayer les criminels», «Mais il faut pour cela que le coût des paiements électroniques baisse», c’est ce que propose Christine Mattheeuws, du SNI (syndicat Neutre pour Indépendants).

Le SNI a évidemment raison: tout ce qui peut décourager les auteurs de pareils faits est le bienvenu, mais ceci ne règle pas le fond du problème.

Etablir le profil des auteurs

Il faut d’abord et avant tout l’aborder scientifiquement sur base de données indiscutables, comme par exemple sur l’origine des auteurs: quelle est la part d’autochtones et d’allochtones ? Quelles sont les nationalités représentées parmi les auteurs allochtones et parmi les autochtones, quelle est la part des naturalisés depuis ces 10 dernières années et de quelles origines sont-ils ? Quel est le statut de ces individus: demandeurs d’asile, illégaux, naturalisés, belges de souche ? Quelle est la part de récidivistes. Quel est le niveau scolaire des auteurs ? Bref, il faut établir un profil sociologique complet de ces criminels afin de déterminer la politique la plus adéquates, comme par exemple d’adapter notre arsenal juridique à cette réalité. Si Schengen est un élément du problème, il faut y palier. Si notre politique d’accueil pose problème, il faut la modifier. Si notre approche de la criminalité est trop laxiste, il faut la resserrer. Si notre Justice ne suit pas, il faut la mettre à niveau. En un mot, il faut agir.

Il n’est pas acceptable dans un Etat de droit qui se respecte, que d’honnêtes commerçants soient ainsi livrés à la loi de la jungle sans que l’autorité ne réagisse rapidement. Que leur reste-il autrement ? L’autodéfense ? Est-ce cela que l’on veut ?

L’indépendant est mal aimé en Belgique

Il en faut du courage pour se mettre à son compte aujourd’hui et il en faut même beaucoup pour maintenir son activité commerciale contre vents et marées.

Malgré cela, le choix d’être indépendant s’impose à certains, parce qu’il n’y a rien de plus exaltant que de concevoir soi-même son activité et son environnement professionnel, bref, d’être son propre patron.

Le commerçant nourrit la vie d’un quartier, il en est le poumon et son commerce est un lieu de rencontre pour les habitants qui s’y croisent. Sa présence rassure et donne son caractère humain au quartier.

Le commerçant est  un visage connu et sympathique qu’on a plaisir à revoir quotidiennement.

Le choix d’une activité commerciale indépendante comprend cependant un certain nombre de risques.

Sécurité sociale

Relevons d’emblée que sur le plan de la sécurité sociale, l’indépendant est encore loin d’avoir un statut égal aux autres travailleurs. Les partis libéraux se sont toujours profilés comme les «protecteurs des indépendants» mais ils ne profitent jamais de leurs passages au gouvernement pour faire évoluer les choses.

Face à une fiscalité de plus en plus vorace, face à une crise de la consommation de plus en plus aiguë, face à la concurrence des grands-magasins, face à la concurrence de certains commerces qui ne respectent pas les règles et qui jouissent du laxisme des autorités, face aux exigences administratives harcelantes, face aux travaux à répétition, face aux risques de braquage, les commerçants baissent de plus en plus souvent les bras et nous observons de plus souvent, malheureusement, la disparition de ces magasins qui nous étaient si familiers.

Acteur économique indispensable

Pourtant, le commerçant est un acteur économique indispensable dans notre commune. D’abord parce qu’il est un grand contributeur. Or, le drame de nombreuses communes est justement le déséquilibre entre le nombre des contribuables et le nombre d’allocataires sociaux. Le commerçant est lui-même client, il engage du personnel et donne du travail à d’autres travailleurs comme des comptables, du personnel de nettoyage, étalagiste, etc… Par son activité, il suscite parfois des vocations et d’autres commerces viennent s’installer dans le quartier.

Rôle social

On ne soulignera jamais assez le rôle social du commerce de quartier. Dans une société de plus en plus déshumanisée où la solitude frappe un très grand nombre de nos concitoyens, la visite quotidienne chez son petit commerçant est pour ces personnes le SEUL contact humain de la journée.

Voilà pourquoi nous plaidons pour que nos communes et l’autorité fédérale se mettent littéralement au service de nos commerçants honnêtes pour les aider à traverser cette crise qui perdure. Au lieu d’inventer des taxes nouvelles, desserrons le garrot fiscal. Nous plaidons pour un allègement de certaines réglementation pour les honnêtes indépendants et la plus grande fermeté pour ceux qui viennent ici, non seulement faire une concurrence déloyale à nos commerçants mais qui instrumentalisent aussi la législation imprécise pour mener des activés illégales mettant parfois la santé des clients en péril.

Sécurité, première des libertés, aussi pour nos commerçants

Les chiffres évoqués en début de cet article sont particulièrement inquiétant. D’autant plus qu’ils ne peuvent qu’augmenter si rien n’est fait durablement. Répétons-le, il n’est pas acceptable que dans un Etat de droit d’honnêtes commerçants soient livrés à la loi de la jungle.

Et gardons à l’esprit, toujours, que ce sont les petites et moyennes entreprises qui produisent l’immense majorité des emplois dans notre pays et qu’ils en sont les grands contribuables sans recevoir grand-chose en retour.

Une réflexion au sujet de « Le travail des indépendants doit être respecté et leur sécurité doit être garantie, par Patrick Sessler »

  1. Cobut

    Y a pas de chois le commerçant se fait tuer ou il descend celui qui l’attaque ,ce sont les risques du métier quand on attaque les gens avec une arme il ne faut pas être surpris de la riposte c’est normal de se défendre pour le commerçant il à raison

    Répondre

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