Le scandale «Minute», par Patrick Sessler

Une de Minute : Maligne comme un singe, Taubira retrouve la bananeL’hebdomadaire de droite «Minute» publie cette semaine un article consacré à Christiane Taubira, la très catastrophique ministre française de la Justice, intitulé en couverture «Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane». Inutile de dire que cette provocation a mis le feu aux poudres dans les popotes antiracistes, c’est à dire quasi tous les étages de l’establishment: la politique, la presse, les ligues, les coteries et une partie des réseaux sociaux.

Interrogée par l’AFP, la Chancellerie du ministère de la Justice ne veut pas réagir et déclare ne pas envisager de poursuites judiciaires. Par contre, Harlem Désir, premier secrétaire du PS et ancien patron de SOS racisme, tweet: «Je suis révolté par l’ignoble Une de Minute. Ca suffit le racisme et l’extrémisme. Ce numéro doit être saisi. Républicains debout». La ministre des Sports, Valérie Fourneyron considère également qu’il s’agit d’«une Une inacceptable. J’apporte tout mon soutien à ma collègue Christiane Taubira devant ces propos honteux et nauséabonds».

Tout ce que le landernau politico-médiatique français compte de «belles consciences» a manifesté son profond dégoût: «incitation à la haine raciale», «Couverture abjecte», «à vomir», «du papier toilette», «couverture honteuse», etc…, etc… etc,…

Ce n’est sans doute pas un hasard si Christiane Taubira s’était inquiétée récemment de ce qu’elle qualifie de «banalisation du racisme en France», estimant que ces insultes venaient «très clairement d’inhibitions qui disparaissent, de digues qui tombent».

Personnellement, je n’ai ni ri ni même souri à la lecture de la Une de «Minute». Simplement parce que je ne la trouve pas drôle. Par contre, je revendique pour les journalistes de «Minute» le droit de dire et d’écrire ce qu’ils veulent sur qui ils veulent, certainement lorsqu’il s’agit de personnalités politiques. C’est une tradition salutaire que de critiquer et de se moquer de celles et ceux qui ont fait le choix de faire de leur égo leur métier. Le consensus mou a fini par vider les débats de tout contenu et les oppositions sont souvent de connivence. Où sont les pamphlétaires aujourd’hui ? Quelques-uns sont chez «Minute», ailleurs aussi à droite, comme le Grand Zemour. A gauche, plus rarement.

Rappelons-nous tout de même que ce sont les mêmes qui fustigent aujourd’hui «Minute» qui, il n’y a pas si longtemps, étaient révoltés, à très juste titre, par les tentatives islamistes de censurer les caricatures de Mahomet. Le même spectre politico-médiatique considérait que la liberté d’expression était inconditionnelle ou elle n’était pas, avis que nous partageons totalement, pour les caricatures «blasphématoires» comme pour l’humour un peu frelaté de «Minute». Il n’y a pas là matière à débattre longtemps tant cette évidence s’impose.

Comment expliquer cette appréciation de la liberté d’expression à géométrie variable ? «Inhibition» ? Les «digues» ?

Madame Taubira a raison lorsqu’elle parle «d’inhibitions qui disparaissent, de digues qui tombent». Il y a à cela une explication facile à comprendre: voilà des décennies que nous sommes sous la botte d’une véritable dictature morale sur la question des races, de l’immigration, de l’islam et de la multiculturalité. La propagande d’État relayée par une «société civile» complètement noyautée par les apprentis sorciers du tout au multiculturel est mise à nu et est contredite par les faits, ce que de plus en plus de nos concitoyens perçoivent aujourd’hui clairement.

La société multiculturelle, ce monde abstrait qui n’existe pas, a fini par exaspérer le bon sens populaire qui ne se berce pas d’illusions et qui ne se nourrit que de la réalité. Peut-être a-t-on imposé une «inhibition» trop forte sur ces questions. Peut-être nous a-t-on trop pris pour des chiens, fussent-ils «de Pavlov». Peut-être a-t-on ériger des «digues» trop hautes qui nous ont empêché de voir le soleil depuis trop longtemps.

«Minute» s’est fait le relai de cette exaspération, à la grosse louche peut-être, mais n’est-ce pas le rôle d’une presse vraiment libre ?

3 réflexions au sujet de « Le scandale «Minute», par Patrick Sessler »

  1. Denivelle christian

    elle me fait bien rire cette Taubira. Ne pas aimer être poilue comme une guenon en faisant ces larmes de crocodile ! Est ce notre faute si ces animaux sont principalement originaire d’Afrique ?

    Doit on rester muet comme une carpe pour la satisfaire, pour ménager le chou et la chèvre en évitant d’avoir une langue de vipère ?Mon dieu, c’est ce qui s’appelle prendre la mouche (au vol), vous pensiez me faire monter sur mes grands chevaux, mais vous ne me ferez pas avaler des couleuvres, courrir deux lièvres à la fois bien que m’en mettiez la puce à l’oreille. Je resterai fier comme un paon avec mon caractère de cochon en dénigrant les cervelles de moineau.

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  2. mckenzie

    moi j’ai bien ri. maligne comme un singe, taubira retrouve la banane. ben quoi, je vois pas ou est le mal de dire qu’elle est futée et qu’elle retrouve le sourire 😉

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