Le problème Rom, par Patrick Sessler

L’Union Européenne met un fonds européen de 26,5 milliards d’euros à la disposition des États membres pour financer l’intégration des Roms.L’Union Européenne met un fonds européen de 26,5 milliards d’euros à la disposition des États membres pour financer l’intégration des Roms. En 2011, la Commissaire européenne aux Droits de l’Homme, Viviane Reding, s’étonnait que seulement 100 millions d’euros avaient été utilisés et en concluait qu’il fallait faire mieux.

Qui sont les Roms ?

Le Commissariat européen à la Justice les définit comme suit : «Comme il est communément d’usage dans les discussions et documents politiques de l’UE, le terme «Roms» fait ici référence à divers groupes d’individus qui se décrivent eux-mêmes comme Roms, Gitans, Gens du voyage, Manouches, Ashkalis, Sintis, etc. L’utilisation de ce terme ne cherche en aucune manière à minimiser la grande diversité des nombreux groupes et différentes communautés Roms, pas plus qu’il ne vise à véhiculer des stéréotypes». «En Europe, la population Rom totalise entre 10 à 12 millions de membres, dont 6 millions au sein de l’UE». Les documents historiques révèlent la présence de ces communautés en Europe à partir d’il y a 500 à 600 ans. Leur origine n’est pas clairement déterminée, on cite généralement l’Inde.

Pourquoi les Roms posent-ils problème ?

On peut s’étonner du fait que l’Union Européenne a dû créer ce fonds au montant astronomique pour l’intégration d’une communauté présente depuis des centaines d’années en Europe. On ne peut que constater que ces populations ne se sont donc jamais intégrées dans les cultures et les pays où elles se sont établies. D’autre part, il faut certainement suivre le Commissariat européen à la Justice lorsque celui-ci souligne que les Roms «subissent des préjudices et sont quotidiennement exposés à l’intolérance, à la discrimination et à l’exclusion sociale. Marginalisés, ils vivent dans des conditions socio-économiques extrêmement défavorables». Il faut donc être prudent et éviter les stéréotypes. Cependant, certaines personnalités se sont exprimées ces derniers temps en termes sévères à l’égard des Roms, laissant penser que les Roms eux-mêmes seraient peut-être responsable de leur image négative et de leur inintégration: Selon l’Officier de Justice de Arnhem aux Pays-Bas, M. Van Elsdingen, «presque tous les Roms sont criminels», «Dans la communauté des Roms, des Tziganes, la criminalité est considérée comme normale. Quelques-uns d’entre eux ne sont pas criminels, les autres le sont», «Lorsque nous parlons de supporters de football qui ne se comportent pas bien ou de criminels Marocains, nous faisons allusion à des exceptions parce que la plupart des supporters de football et des Marocains ne sont pas comme ça. Mais il n’en est pas ainsi en ce qui concerne les Roms. L’activité principale de la communauté Rom est de commettre des actes criminels. Commettre des cambriolages est considéré chez-eux comme une activité tout à fait normale. Ils se défient de notre culture, ce que nous ne pouvons pas accepter».  Propos extrêmement sévères de la part de cet Officier de Justice qui ont fait l’objet d’une plainte pour discrimination et racisme de la part des représentants de la communauté Rom (pour la petite histoire, le Ministère Public a considéré que ces propos n’allaient pas trop loin et l’affaire s’est terminée par un acquittement). Même si les propos incriminés paraissent presque caricaturaux, il est permis de penser que l’Officier de Justice a basé son opinion sur son expérience des cours et tribunaux. Voilà un exemple étonnant où un stéréotype reflète peut-être une certaine réalité.

Nous observons que ceci n’est pas un cas isolé. Certains représentants de l’autorité policière, de justice ou politique, apparemment excédés, hésitent de moins en moins à s’exprimer de façon extrêmement critique vis-à-vis de ces communautés Roms. Le chef de la section cambriolage de la police du canton de Genève en Suisse, Jean-François Cintas, n’y vas pas de main morte: «Si à Genève vous rencontrez deux jeunes gitans, il y a 99% de chance qu’ils détiennent un tournevis dans leurs poches de pantalons» (in Le Temps, samedi 25 février 2012).

On voit clairement que la question de l’intégration des Roms est épineuse parce qu’elle baigne dans un climat de préjugés et de stéréotypes d’une part, mais que d’autre part certains comportements commencent à être mis en lumière par des personnalités responsables de l’ordre public et que, c’est un constat, ces comportements semblent conforter certains préjugés et stéréotypes. Par ailleurs, l’Union Européenne n’a semble-t-il pas ou insuffisamment tenu compte de l’existence des Roms lorsqu’elle s’est ouverte aux pays où vivent les Roms. Le principe de libre circulation des biens et des personnes est un principe fondateur de l’Europe, mais il faut constater que dans certains cas, ce principe pose de grands problèmes, comme c’est le cas pour les Roms. Plus fondamentalement, l’intégration est une question de changement de mentalité, de la part des non-Roms, mais aussi des Roms eux-mêmes, afin qu’ils ne donnent plus, ou moins, prise à la critique et donc à la stigmatisation.

Tout ce qui se dit sur les Roms n’est pas vrai, mais tout n’est pas faux non-plus. L’argent n’a jamais imposé l’intégration de populations dont les valeurs divergent d’avec celles du pays d’accueil. C’est le constat généralisé aujourd’hui: l’intégration est un échec en ce qui concerne l’immigration non-européenne (même en ce qui concerne la deuxième et la troisième génération, voire plus). Les Roms sont en Europe depuis des centaines d’années et ne se sont jamais intégrés aux pays où ils se sont installés. Il s’agit là également d’un échec, mais d’une toute autre nature. La question qui se pose, pour les Roms sans doute plus que pour les autres catégories est la suivante: ont-il envie de s’intégrer ? Les intégrer de force ne serait pas de nature très démocratique. Alors que faire ?  Les 26,5 milliards d’euros prévus par l’Europe pour l’intégration des Roms serviront-ils a quelque chose ? Faut-il revoir certains aspects de la réglementation européenne ? Brimer toute critique et nier certains faits sert-il la cause des Roms ? Peut-on stigmatiser les contribuables européens qui considère que ces montants sont scandaleusement élevés et ne serviront à rien ? Autant de questions à se poser sur un des problèmes les plus complexes auquel l’Union Européenne a été confrontée depuis sa création.

L’avis d’une star de la politique en Flandre sur les Roms: attachez vos ceintures

Le Bourgmestre de Gand, le socialiste Daniël Termont (réélu triomphalement le 14 octobre dernier) brise tous les tabous: «S’il vous plait, ne montrez pas votre bon cœur, même si vous êtes touché par tant dans de douleur. Ne logez pas les Roms, ne leur donnez pas de couvertures, ni de soupe, parce que plus vous les aidez, plus ils viennent à Gand et notre ville affiche complet. [… ] «Je comprends que les gens veulent montrer leur bon cœur et le mien saigne souvent mais cela incite les Roms à venir ici de plus en plus nombreux» […] «Il y en a des milliers qui s’intègrent un peu, mais il y en a de nombreux autres qui ne respectent ni les normes ni les valeurs qui sont les nôtres. Ils font leurs besoins dans la rue ou dans les parcs. Ils sont souvent dépourvus de formation scolaire et ne parlent pas notre langue. Ils commettent des vols dans les magasins, font les pickpockets, font du tapage nocturne, des cambriolage, de la prostitution, des déversages illégaux d’immondices et toutes sorte d’autres faits de petite criminalité» […] «une maison qui reste vide une semaine est immédiatement occupée».

Préjugé ou reflet de la réalité ? Populisme électoral ou analyse factuelle ? Intégration possible ou impossible ? La question doit-être posée au Bourgmestre de Gand et aux Gantois, évidemment. Une chose est sûre, la réalité sur le terrain est très éloignée des théories concoctées dans la chaleur des bureaux de la Commission européenne.

(merci à Bob De Brabandere pour les infos).

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