Le combat de la réalité contre l’abstraction n’est pas gagné d’avance, au contraire, par Patrick Sessler

Le combat de la réalité contre l’abstraction n’est pas gagné d’avance, au contraire, par Patrick SesslerPremier constat: Quand tout le monde est à gauche ou au centre, celui qui est à droite se retrouve forcément à l’extrême droite.

Syllogisme: Tous les hommes (et les femmes bien entendu) politiques sont de gauche. Les hommes de droite ne sont pas de gauche donc les hommes de droite ne sont donc pas des hommes politiques.

Comment ça, tous les hommes politiques sont de gauche ? Oui, ils sont tous, à des degrés divers contaminés par le germe du socialisme. Ils sont tous, à des degrés divers, les portes paroles du socialisme. Il y a les socialistes des Partis Socialistes, les socialistes écologistes, les socialistes de la démocratie chrétienne et de la sociale démocratie et les socialistes des partis libéraux depuis qu’ils se maquillent au «libéralisme de progrès».

Tous partagent les mêmes cadres de références : internationalisme, mondialisme, multiculturalité, religion de l’égalité et de la démocratie basée sur leur «Bible» la déclaration universelle des droits de l’homme, phobie des phobies et des discriminations réelles ou supposées, priorité et à terme dictature des minorités, primat absolu de l’économie comme pierre angulaire de l’existence des peuples et même comme condition et preuve de cette existence.

Quel paradoxe extraordinaire n’est-ce pas: ce sont ceux là même qui n’ont que les mots démocratie, liberté d’expression, tolérance et pluralité à la bouche qui, dès qu’il s’agit de mettre leurs «valeurs» à l’épreuve des idées et des valeurs de celles et ceux qui contestent politiquement les leurs, se révèlent les pires censeurs prêts à tailler des lois sur mesure pour museler les dissidents. Plus grand paradoxe encore, ces même censeurs super-démocrates-de luxe soutiennent (en notre nom sans nous avoir demandé notre avis) toutes les causes révolutionnaires dans le monde, favorisant souvent l’émergence de régimes inspirés par un fondamentalisme religieux diamétralement opposés à leurs propres «valeurs». Pour ces causes lointaines tout est acceptable, pas de tabous, pas de limite à la liberté d’expression, pas de lois d’exception.

Mais même en ce qui concerne certaines minorités (?) présentent sur nos notre vieux continent, les professeurs de morale et de maintien de l’ordre démocratique sont prêts à toutes les concessions, à tous les renoncements, à tous les retournements de veste et de pantalon afin de les prendre dans le sens du poil. Certains mauvais esprits y voient quelques bassesses électorales arguant du fait que ces minorités (?) représenteraient un électorat séduisant. Invraisemblable, évidemment, lorsqu’on connaît leur élévation morale, le niveau sidéral de leur intellect et le combat exemplaire qu’ils mènent avec courage et abnégation contre les fossoyeurs de la démocratie qui rappellent les heures les plus noires de notre histoire.

Pétris de contradictions, engoncés dans leur «logique» autoqualifiée de «généreuse», parés de toutes les vertus politiquement, sociologiquement et philosophiquement dominantes actuellement, nos socialistes de tous les partis appartiennent, finalement, à un seul et même complexe idéologique. Il s’agit ni plus ni moins d’un consortium politique, un trust monopolistique prêt a défendre ses privilèges et ses prébendes avec toute la violence que mérite le véritable objet de leur engagement: maintenir leur système en place et perpétuer les dynasties de droit démocratique ou revenir à la Vérité, à l’ordre naturel, à la vraie nature de l’homme loin des abstractions vaseuses drapées d’intellectualisme pompeux et pompant.

La vérité est toujours simple, ce sont les procédés utilisés pour occulter la vérité qui sont complexes et tortueux. Le fait est que les hommes et les femmes qui veulent quitter ces cadres de références intellectuellement étriqués sont voués aux gémonies. Leurs idées sont judiciarisées, leur liberté de parole est réduite à néant, leur existence sociale, culturelle et politique est niée.

Il n’est même pas utile en l’occurrence de faire allusion à ceux qui mènent le combat à visage découvert au sein de formations politiques alternatives et qui sont ou niés ou villipendés et poursuivis pénalement. Il suffit de se rappeler de l’opprobre vouée à ceux qui au sein des vieux partis ou dans la société civile ont voulu porter un regard critique sur, par exemple, la sacro-sainte et intouchable société multiculturelle qui comme chacun sait est un enrichissement perpétuel insurpassable. Daniel Ducarme, Antoine Duquesne, de Jonge d’Ardoye, Destexhe, Nols, en bravant les interdits ont risqué gros. Il découvrirent, tout ébaubis, qu’il ne fait pas bon de constater et de dire publiquement ce qui est pourtant une évidence, un fait, une vérité indiscutable. En brisant l’omerta, ils ont commis le pire des crimes contre le régime qui s’est empressé soit de les acheter, comme le Prince de Lobkowicz, de les congédier comme de Jonge d’Ardoye ou Antoine Duquesne, ou de les briser comme Daniel Ducarme. Aucun n’a osé aller au bout de la logique qu’ils avaient amorcé, de parachever leur réflexion. Il est clair qu’ils avaient trop à perdre.

Exclus des débats, hais par les parangons politiques, culturels et médiatiques de la bien-pensance, que reste-t-il à ceux qui refusent la dictature socialiste? La provocation, des actes désespérés, le fondamentalisme religieux, le moimoiïsme forcené, le je-m’en-foutisme comme mode de vie… ? Il faut rester calme, continuer à argumenter, choisir la voie politique, construire, travailler et espérer. C’est sans doute le chemin le plus difficile.

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