La schizophrénie du PS (1), par Patrick Sessler

Catherine Moureaux (fille de)

Catherine Moureaux est le fille de Philippe Moureaux, ex-bourgmestre de Molenbeek (mais toujours Sénateur) et de Françoise Dupuis, ex-échevine à Uccle (mais toujours membre du gouvernement bruxellois). Elle a dû céder son siège au Parlement bruxellois à Émir Kir qui, quittant sa fonction de Secrétaire d’État, récupère du même coup son mandat de député bruxellois. C’est dire si chez les Moureaux on en a gros sur la patate. C’est dans ces moments de grande frustration qu’il arrive que l’hypocrisie politique habituelle soit balayée par une sincérité parfois désarmante et que certaines vérité soient balancées. C’est ce qui est arrivé à Catherine Moureaux, députée déboulonnée et candidate malheureuse à Schaerbeek aux élections communales d’octobre de cette année.

Moureaux fille, interviewée par Le Vif (26 octobre 2012), répond à la question de savoir comment le PS doit-il répondre à la montée du PTB ?: «Il faut montrer clairement notre différence avec la droite. Comment expliquer qu’un gouvernement où le PS est présent prenne des mesures aussi injustes ? Les citoyens ne comprennent pas. Parce que les mesures sont terribles, bien qu’on se soit arc-bouté pour qu’elles fassent le moins de dégâts possible. On ne réalise pas assez ce que ça va donner en 2015 quand les CPAS ne tiendront plus la route. Cela va être horrible».

Voilà une réponse des plus instructive. Soulignons que cette sortie n’est pas le fait d’un vague quatrième couteau de province ou d’une néophyte naïve, non, il s’agit de quelqu’un qui est parfaitement au courant de ce qui se passe dans son parti dont ses deux parents sont des membres très influents. Catherine Moureaux sait de quoi elle parle!

Et que dit-elle ? D’abord que la participation du PS au gouvernement fédéral avec des partis supposés de droite comme le MR, l’Open VLD et le CD&V pour y mener une politique d’austérité qu’elle qualifie de «terrible» n’était pas une bonne idée.

On y voit évidemment l’héritage politique de son papa qui se définit toujours comme le dernier des marxistes. On y voit surtout l’immense hypocrisie des barons du socialisme en partie francophone du pays. Madame Moureaux a raison (dans la logique de l’idéal socialiste s’entend): pour qu’Elio Di Rupo puisse ponctuer son plan de carrière et jouir d’un salaire et ensuite d’une pension de premier ministre et pour que ses lieutenant(e)s puisse se servir, il a bien fallu oublier les grands principes réputés généreux du socialisme.

On y voit aussi que, face à la dure réalité des faits, les imprécations et les marottes idéologiques de gauche se révèlent complètement déphasées. Madame Moureaux nous annonce également qu’en 2015 les CPAS «ne tiendront plus la route». Elle ne nous dit pas pourquoi, mais c’est inutile, les Bruxellois connaissent très bien la situation: il suffit d’observer une file devant un bureau d’un CPAS pour comprendre.

Mais cela signifie que les caciques du PS, et certainement les autres également, savent que notre système de solidarité de première ligne est prêt à imploser mais ils n’estiment pas nécessaire d’en faire un débat public, en toute transparence.

Pourquoi ? Mais parce qu’ils sont tous responsables de la situation, évidemment. Responsables et coupables. La fille Moureaux nous l’annonce: «Cela va être horrible».

Horrible pour qui ? Pour les milliers d’étrangers qui sont venus chez nous parce que justement nous avons le système de protection sociale le plus généreux du monde et qu’une fois arrivés chez nous, beaucoup d’entre eux ne dispose que d’une adresse de CPAS griffonnée à la hâte sur un bout de papier par un prédécesseur.

Horrible pour qui ? Pour nos concitoyens dont les aïeux ont construit et payé, génération après génération, cette sécurité sociale qui doit les aider en cas de besoin. Oui, ce sera «horrible» parce qu’il faudra leur dire que les caisses ont été «généreusement» vidées et qu’il n’y a plus rien pour eux.

Enfin, Catherine Moureaux règle ses comptes avec ECOLO avec la férocité d’une harpie, spectacle particulièrement jouissif de notre point de vue: «La grande leçon du scrutin, c’est qu’écolo est bien un parti comme les autres. Que le CDH soit en quête de postes, on le savait. Par contre, qu’Ecolo se droitise à ce point, on y était pas habitué». ECOLO, un parti comme les autres, on aurait pas mieux dit. Cela signifie donc que ce parti est aussi corrompu et assoiffé des ors des palais et des mandats juteux que le PS de la famille Moureaux.

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