La dictature des minorités, fléau du siècle, par Patrick Sessler

VilloNotre société est de plus en plus confrontée à un phénomène qui mine littéralement les fondements de la démocratie: la dictature des minorités. Les exemples sont légion.

Durant la campagne électorale de 2014, les Bruxellois ont reçu dans leur boîte aux lettres un dépliant électoral d’Ecolo qui indiquait que seuls 4% des Bruxellois utilisent le vélo pour se rendre sur leur lieu de travail. Il ne faut pas être astrophysicien pour comprendre que donc 96% des autres Bruxellois se déplacent soit à pied, en transport en commun, en moto, ou en voiture. Ces pauvres 4% démontrent par ailleurs que malgré la propagande massive et permanente en faveur de la bicyclette depuis 15 ans, la toute grande majorité des Bruxellois n’est pas assez folle pour risquer sa vie à vélo dans la capitale. Pourtant, les lobbyistes obsessionnels du vélo constituent une minorité extrêmement agissante, toujours prompte à imaginer les actions les plus saugrenues pour imposer l’usage du vélo aux Bruxellois (comme ces défilés grotesques de cyclistes nus !).

4% d’irréductibles décident

La plupart des partis politiques, sans se soucier de consulter l’ensemble des usagers de l’espace public, ont tous embrayé sur les exigences de cette ultra-minorité: permission d’emprunter certaines rues en sens interdit, permission de nier les feux rouges à de nombreux carrefours, surmultiplication des pistes cyclables, même lorsque le simple bon sens en démontre l’absurdité, aucune exigence de détenir une assurance adéquate, non obligation de porter un casque protecteur, laxisme de la police pour certains comportements inadmissibles de nombreux cyclistes, pas de taxe de circulation, etc…

Quiconque circule en voiture à Bruxelles sait combien ces cyclistes sont dangereux pour eux-mêmes et pour les autres usagers. Confronté à une mobilité totalement engorgée en quasi permanence et à une visibilité toujours plus réduite pour les chauffeurs de véhicules automoteurs, le cycliste n’est pas vu. Nous savons tous cela. Il n’est donc pas du tout raisonnable d’utiliser le vélo pour se déplacer à Bruxelles, nous sommes 96% des usagers de la route à Bruxelles à le savoir. Pourtant, 4% d’irréductibles, soutenu par des lobbys hyperactifs ont réussi à convaincre le personnel politique bruxellois à présenter le vélo comme LA solution à la catastrophe de la mobilité à Bruxelles, ignorant superbement que certains aménagements de la voie carrossable augmentent singulièrement l’engorgement (réduction des bandes pour les autres usagers notamment) et qu’ils encombrent certaines rues étroites qui empêchent de les dépasser et d’ainsi favoriser la fluidité de la circulation.

Voilà un bel exemple de cette insupportable dictature des minorités.

Le nucléaire ou la bougie

Un autre exemple extraordinaire concerne l’énergie nucléaire. Le débat a fait rage sur les coupures de courant annoncées pour l’hiver. Soudain, alors qu’on nous avait annoncé depuis des décennies que l’énergie nucléaire était d’une dangerosité telle qu’il fallait fermer nos centrales de toute urgence, notre pays se trouve dans l’impasse parce que, de sabotages en fissures, la plupart des centrales ont effectivement été mises à l’arrêt. Aujourd’hui c’est la psychose parce que les sources d’énergies «alternatives» prônées par les mouvements de gauche, comme l’éolien, le photovoltaïque et autres techniques anecdotiques se révèlent très largement insuffisantes pour rencontrer nos besoins.

Ici aussi, une minorité hyper agissante a réussi à faire perdre son bon sens à pratiquement l’ensemble du spectre politique du pays. On nous a toujours dit que, dans le contexte européen, nous pourrions toujours acheter de l’électricité à l’étranger, notamment en France. Aujourd’hui, au pied du mur, nous constatons que rien n’est moins vrai et que si la France est elle-même confrontée à un manque d’électricité, il n’est pas question d’en vendre à notre pays, ce qui est parfaitement normal et logique.

Tout le monde a aujourd’hui compris que les balivernes qui nous ont été imposées comme des vérités révélées risquent de nous plonger dans la nuit noire. Du coup, un mini-sondage du Vif/l’Express montre que 75% de la population est favorable à l’énergie nucléaire. Et cela après des décennies de véritable lavage des cerveaux organisés par l’ensemble des organisations de gauche et soutenu par l’ensemble des médias.

Dans ce cas-ci, la dictature des minorités risque de nous causer des préjudices majeurs. Le danger est tellement réel qu’on publie des cartes avec les régions qui seraient touchées et moins touchées par les coupures (appelées «délestage» en jargon, cela fait moins peur sans doute). Si le personnel politique s’était contenté de gérer le dossier de l’énergie en bons pères (et mères) de famille, il aurait fait en sorte d’assurer l’indépendance énergétique du pays, ce qui est, selon moi, un devoir civique et géostratégique pour chaque nation qui se respecte. On achète pour des centaines de millions d’euros des avions de chasse pour aller jouer les matamores aux quatre coins de monde, mais on est incapable d’assurer nos besoins énergétiques. Nous touchons le fond. Il fallait, il y a 20 ans certainement, construire de nouvelles centrales nucléaires et les adapter régulièrement aux avancées technologiques successives et aujourd’hui nous ne devrions pas faire le constat que nous avons été bernés par une idéologie déconnectée de la réalité et nous n’en serions pas à «espérer» que nos voisins auront la possibilité de nous vendre de l’électricité.

Conclusion

Le processus de prise de décision politique est plus influencé par certains lobbies, notamment écologistes, que par l’avis des citoyens. Ces lobbies ne représentent d’ailleurs, la plupart du temps, qu’une infime minorité de personnes. Le refus obstiné des gouvernements successifs de mettre en place un processus véritablement démocratique et participatif comme le référendum, d’initiative gouvernemental ou populaire (les deux options doivent être possibles), démontre que ces gouvernements ont peur de l’électeur parce qu’ils en sont définitivement déconnectés.

Patrick Sessler

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