La déchristianisation comme vecteur du déni d’identité, par Patrick Sessler

Le gouvernement de la Communauté française a adopté un décret fixant les vacances et jours de congé dans l’enseignement obligatoire, l’enseignement de promotion sociale et l’enseignement secondaire artistique à horaire réduit.Le gouvernement de la Communauté française a adopté un décret fixant les vacances et jours de congé dans l’enseignement obligatoire, l’enseignement de promotion sociale et l’enseignement secondaire artistique à horaire réduit. Jusque-là, rien à signaler.

Par contre, une véritable surprise se fait jour au détour de ce décret: les congés scolaires vont changer de nom!

La Toussaint disparaît au profit du «congé d’automne» et les vacances de Noël deviennent des «vacances d’hiver».

Pour le reste le «congé de détente» remplace le congé de Carnaval et les «vacances d’été» prennent la place des grandes vacances, ce qui ne change finalement rien.

Il s’agit d’une nouvelle étape dans la déchristianisation de notre société. Rappelons-nous l’incident de l’arbre de Noël du Palais de Justice de Bruxelles qui devait disparaître sous prétexte qu’il pouvait heurter la sensibilité des musulmans qui le visite.

Rappelons-nous le changement de nom du marché de Noël, toujours à Bruxelles, qu’on a rebaptisé «Plaisirs d’hiver» et l’année passée, le traditionnel sapin de la Grand’Place remplacé par une cornichonnerie laide et coûteuse.

Tout ceci n’est pas gratuit. Il ne s’agit pas d’une simple volonté de «faire moderne». Il s’agit d’une attaque préméditée, concertée. Il s’agit d’une stratégie qui vise à nier et à éradiquer nos cadres de références traditionnels pour les remplacer par des concepts qui se veulent universels, désincarnés, interchangeables. Il s’agit de vider notre culture de tous sens sacré pour l’assujettir au pire des matérialismes.

Il s’agit ni plus ni moins d’un attentat contre notre civilisation qui est judéo-chrétienne, qu’on le veuille ou non. C’est d’ailleurs un agnostique convaincu qui vous le dit.

Même si ces symboles de la chrétienté n’ont plus toujours le sens qui était les leurs il y a quelques décennies, ils font partie de notre culture, de notre patrimoine, de nos traditions. Ils constituent un élément majeur de notre civilisation et ils nous permettent de s’en rappeler. Ceux qui aujourd’hui veulent faire disparaître ces éléments de civilisation pratiquent un mnémocide* monstrueux. Monstrueux pourquoi ? Parce qu’il annonce l’horreur d’une société hyper matérialiste vouée au culte de la production, niant les individus et leurs aspirations spirituelles et imposant la culture de masse, monolithique, indifférenciée et abrutissante, le totalitarisme le plus infect lorsqu’il se drape de l’hypocrisie des «bons sentiments» et qu’il abuse du concept de démocratie pour niveler et faire disparaître tout ce qui les dépasse, le bonheur pour tous imposé par les esprits supérieurs qui pensent pour nous dans les ateliers des loges maçonniques. Mais bon Dieu (c’est le cas de le dire !), se trouvent-ils encore des femmes et des hommes prêts à se révolter contre cette barbarie ?

Et que faut-il penser d’un CDh qui, même s’il a perdu ses attaches chrétiennes depuis longtemps, aurait pu réagir, ne fût-ce que par respect pour son électorat traditionnellement chrétien, mais non, rien, pas un mot.

Il y va pourtant de la défense et de la pérennité de notre identité, c’est-à-dire de ce que nous sommes, intrinsèquement.

Remarquons que ces génies manquent de culture. Ils devraient savoir qu’en évoquant l’été, l’automne, l’hiver, le printemps, ils illustrent le rythme immuable des saisons, c’est-à-dire la base de la pensée païenne qui est une forme de spiritualité multimillénaire en Europe. Décidément, les choses de l’esprit dépasseront toujours ces petits boutiquiers qui nous font tant de mal aujourd’hui.

*Mnémocide: néologisme, qui tue la mémoire.

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