Interview de Patrick Sessler dans “Vérités Bruxelloises”

Interview de Patrick Sessler, ancien député bruxellois Front National et actuel collaborateur du Vlaams Belang bruxellois réalisée par Bob de Branbandere, secrétaire d’arrondissement du VB pour Bruxelles.Interview de Patrick Sessler, ancien député bruxellois Front National et actuel collaborateur du Vlaams Belang bruxellois réalisée par Bob de Branbandere, secrétaire d’arrondissement du VB pour Bruxelles.

Bob De Brabandere: Monsieur Sessler, vous avez rejoint le Vlaams Belang il y peu mais votre relation avec notre parti est une longue histoire ?

Patrick Sessler: D’abord, nous allons nous tutoyer, entre collègues c’est nettement plus sympa ! En effet, j’étais déjà membre du VB au début des années 90. Ensuite, j’ai collaboré bénévolement au travail du VB à Bruxelles de façon très régulière à partir de 1997. En 1999, j’ai assumé la fonction de secrétaire d’arrondissement pour Bruxelles. J’ai été élu sur la liste DEMOL en 2000. Filip De Man était Chef de campagne durant toute la période de l’arrivée de Johan Demol au VB et j’ai eu la chance de pouvoir travailler avec une équipe super professionnelle. J’ai appris beaucoup de choses durant cette période.

BDB: Pour certains, qui ne connaissent pas bien le Vlaams Belang, la présence d’un francophone comme cadre du parti est quelque chose de bizarre ?

PS: Vous avez raison de souligner que cela ne concerne que ceux qui connaissent mal le VB. Les médias francophones veulent à tous prix faire croire que le Vlaams Belang est animé d’une haine féroce à l’égard des francophones ce qui est, je peux en témoigner, tout à fait faux. Le VB n’a jamais fustigé les francophones bruxellois ou les Wallons en tant qu’individus ou en tant que peuple. La grande colère du VB s’adresse évidemment au personnel politique wallon et bruxellois dont il ne faut plus démontrer la monstrueuse incompétence, souvent la corruption et surtout le mépris dans lequel ils tiennent leurs électeurs. Le principe des transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie sur base du principe de solidarité nationale a été galvaudé. Pourquoi la Flandre industrieuse et prospère devrait accepter que le produit de son dur labeur atterrisse dans les poches des parvenus corrompus du PS et ce jusque dans la nuit des temps? Cela dit, comme francophone, je me permets de m’interroger sur la maturité politiques des Bruxellois et des Wallons qui persistent à voter pour ces bandits. C’est un véritable mystère.

BDB: Tu as quitté le VB pour rejoindre le Front National en 2004: tu n’étais plus d’accord avec la ligne du VB ?

PS: Absolument pas, bien au contraire. J’ai quitté pour une raison personnelle et tout à fait précise, il s’agissait d’un désaccord profond avec Johan Demol. Je suis d’ailleurs parti en excellents termes avec mes amis du VB qui m’ont fait l’honneur d’être tous présents lors du drink que j’ai offert lors de mon élection comme député bruxellois du FN en janvier 2008. Comme vice-président de ce parti, un de mes premiers geste politique a été de faire voter une motion visant à inclure le confédéralisme dans son programme. Impossible d’aller plus loin à l’époque dans le contexte politique wallon. Je suis convaincu que la solution du «problème wallon» est l’indépendance. Tant que les «gestionnaires» wallons peuvent compter sur les transferts financiers venus de Flandre, aucune mesure courageuse, drastique et salvatrice, mais forcément impopulaire ne sera prise. L’indépendance est le ressort et l’unique chance du renouveau wallon et certainement pas le poumon artificiel Flamand qui permet aujourd’hui à la Wallonie de pouvoir encore respirer.

BDB: Que retient-tu de ton passage au Parlement bruxellois et au Conseil communal de Schaerbeek ?

PS: J’y ai vu la concrétisation de ce je présentais depuis toujours, à savoir que les élus allochtones n’interviennent que lorsque les intérêts de leurs communautés sont en jeux. Lors d’un débat sur la question palestinienne (je me demande encore quelle en était la pertinence dans cette enceinte !) sont montés à la tribune toute une série d’élus arabo-musulmans dont je n’avais encore jamais entendu la voix. J’y ai vu et surtout entendu palabrer sur des questions d’une futilité incommensurable comme la couleur des taxis. J’y ai vu la raideur de la discipline de parti où des consignes de vote sont données aux élus qui ne savent même pas de quoi il s’agit parce qu’ils n’ont même pas lu l’ordre du jour. J’y ai vu l’ostracisme dont les élus nationalistes du VB ou moi-même nous faisions l’objet. J’ai vu de mes yeux que tous les partis de l’establishment forment un seul et même complexe politique interchangeable. Ils défendent tous une même vision du monde, c’est-à-dire le mondialisme, le multiculturalisme et la haine des autochtones. Une haine insidieuse, policée, hypocrite qui se décèle en épluchant les textes des décrets. J’y ai vu aussi des élus courageux. Ceux du Vlaams Belang, abattre un travail parlementaire exceptionnel tant en qualité qu’en quantité. Les choses qui devaient être dites ont été dites et seront encore dites tant qu’il y aura une vraie opposition nationale dans cette assemblée.

BDB: Qu’est ce qui a motivé ton engagement politique ?

PS: Ma répulsion viscérale des injustices dont mon peuple est victime couplée au profond sentiment que charité bien ordonnée doit commencer par soi-même. Je suis littéralement révolté par ces femmes et ces hommes politiques qui ont choisi de défendre systématiquement d’autres peuples au détriment du leur. C’est dès l’âge de raison que je me suis engagé politiquement. Dès le début et jusqu’à aujourd’hui, je suis en colère contre ceux qui savent et ne font rien. Ma famille de pensée dénonce depuis toujours les risques encourus par notre société européenne suite à une politique d’immigration aveugle. Aujourd’hui, les événements nous donnent dramatiquement raison et pourtant les responsables de cette politique névrotique persistent à nier l’évidence. Il y a des claques qui se perdent !

BDB: Comment envisage-tu ton engagement politique ?

PS: Je le conçois comme une immense responsabilité. Je me considère comme un professionnel de la politique sans que j’y voie la moindre connotation péjorative ni la moindre forfanterie. Les connaissances et l’expérience que j’ai acquises au fil des années m’aident dans mon travail de militant politique. Mon enthousiasme est sans limite parce que je sais que les faits nous donnent toujours raison et que le Vlaams Belang va redevenir, à terme, une force politique majeure et sera perçu, plus encore qu’avant, comme la seule force politique d’opposition. Le réel triomphe toujours de l’abstrait, c’est une question de temps. Par ailleurs, un parti politique atypique comme le Vlaams Belang est attendu au tournant pas ses adversaires et Dieu sait s’ils sont nombreux et divers. Nous avons donc un devoir d’excellence à défaut de la perfection, qui n’est pas de ce monde. Se remettre en question, se former et s’informer au quotidien et se demander chaque jour ce qu’on a fait pour faire avancer son combat.

BDB: Ton engagement politique te catégorise pratiquement comme «délinquant politique» aux yeux de l’establishment. Comment apprécie-tu cet état de fait ?

PS: Je me fiche comme le poisson d’une pomme de ce que peut penser l’establishment de mon engagement politique. Les vrais délinquants politiques sont ceux qui ont trahi leur peuple et je n’ai aucune leçon à recevoir d’eux. A une autre époque, on fusillait les personnalités convaincues de haute trahison. Cette époque est aujourd’hui révolue, heureusement peut-être. Mais c’est notre rôle de leur présenter la facture de leur forfaiture. En démocratie, cela passe par les élections. La balle est donc dans le camp des électeurs. Personnellement, j’ai confiance en la sagesse populaire. La criminalisation des opposants politiques caractérise les pays totalitaires. Force est de constater que le droit belge est à cet égard plus comparable au droit soviétique que par exemple au droit américain dont le premier amendement garantit une réelle et «inconditionnelle» liberté d’expression. Je me bats politiquement en faveur d’idées modernes et démocratiques, sans tabous. Je ne nie aucun apport historique, ni de droite ni de gauche. Je refuse de porter des œillères et je porte un regard critique sur l’histoire comme sur la politique contemporaine. Je suis un homme libre.

BDB: Quels sont, selon toi, les trois maux principaux dont souffre la Belgique d’aujourd’hui ?

PS: Une immigration irréfléchie qui pèse aujourd’hui lourdement sur le fonctionnement de nos mécanismes de solidarité. Une insécurité qui prend des proportions exponentielles et qui restreint certains droits fondamentaux comme la liberté de circuler où on le désire à l’heure où on le désire. Cette insécurité fait régresser notre société. Elle nous projette à une époque lointaine, celle des brigands et des coupe-gorges, bref en pleine barbarie. Le chantage irresponsable perpétré par les syndicats politiques qui paralyse le développement économique de telle sorte que les syndicats sont aujourd’hui l’une des causes du chômage.

BDB: Si tu pouvais choisir 4 mesures qui seraient appliquée immédiatement, quelles seraient-elles ?

PS: Primo, l’application sans exceptions de la loi de 1974 qui consacre la fin, officielle, de l’immigration en Belgique et la révision drastique des conditions d’accès à la nationalité belge. Tout cela doit être couplé à une politique de rapatriement digne et humaine des immigrés qui ne veulent pas accepter et respecter nos normes, nos valeurs et nos lois.

Secundo, une politique judiciaire des poursuites qui éradique l’insupportable impunité dont jouissent les délinquants et notamment les jeunes délinquants. La situation est tellement dégradée que les politiques dites de préventions sont sans effets et les peines alternatives sont un sujet inépuisable de rigolade pour les jeunes criminels. Pour repartir d’un bon pied, il faut le temps nécessaire à l’assainissement de la situation, mettre tous les moyens en œuvre, y compris l’armée, pour libérer les quartiers «occupés» par les bandes qui les mettent en coupe réglée. Seule la répression la plus sévère est susceptible d’endiguer le phénomène et ensuite de le faire reculer. Aux grands maux les grands remèdes !

Tertio, il faut imposer la personnalité juridique aux syndicats pour qu’ils puissent être mis devant leurs responsabilités en cas de débordements (dégradations, prises d’otages, paralysie économique, privation de la liberté de travailler pour les non-grévistes, etc.). Cette personnalité juridique jugulera sans doute le placement de l’argent des syndicats dans des paradis fiscaux. Il faut retirer aux syndicats la gestion du paiement du chômage à leurs affiliés. Aujourd’hui, l’État paie les syndicats pour gérer le chômage de leurs affiliés, mais donc aussi pour financer la paralysie de l’économie en  cas de grève sauvage. Il faut arrêter de se payer notre tête. Il faut un néo-syndicalisme, dépolitisé et responsable.

Quatro, désigner les gens qui se lèvent le matin pour aller travailler (et qui par leur travail financent des politiques parfois contraires à leur vœux) comme les héros des temps modernes. Notre société doit réintroduire la notion de respect du travail tant sur le plan éthique que fiscal. Dégoûter ceux qui travaillent dans une société d’assistés, société qui en plus est confrontée à une crise économique et financière majeure est le meilleur moyen de la faire imploser.

BDB: Qui admire-tu le plus ?

PS: Celles et ceux qui mettent leur vie au service d’une vision du monde dont le cadre de référence est la réalité et non les idéologies ou les utopies d’apparences humanistes. J’ai le plus grand respect pour mes amis néerlandophones Filip De Man, qui est un député fédéral redoutablement intelligent, Dominiek Lootens, député bruxellois du VB, un homme intègre, dynamique, à l’esprit vif et pour bien d’autres au sein de cette formation dont mon ami de toujours Frédéric Erens, l’actuel président du VB à Bruxelles. Et ceux qui se battent en faveur de la cause animale.

BDB: Qui déteste-tu le plus ?

PS: Ceux qui par leur bêtise ou leur veulerie politique ont hypothéqué l’avenir de notre civilisation. Les menteurs. Les hypocrites. Parmi les «personnalités» politiques les plus détestables à mon sens, mon tiercé gagnant du côté francophone est Philippe Moureaux, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet. Les trois viennent de subir de beaux revers dans leurs communes. Tant mieux, ils périssent par là où ils ont pêché.

Merci Patrick pour cet entretien agréable et sincère.