Interview de Tom Van Grieken (nouveau président du Vlaams Belang)

Interview de Tom Van Grieken (nouveau président du Vlaams Belang)Après avoir rencontré les membres et les sympathisants du parti tout au long d’un tour de Flandre et de Bruxelles, le jeune Tom Van Grieken a été élu président du Vlaams Belang avec un score fabuleux de 93% lors du congrès du 19 octobre. Il a abordé cette rencontre historique avec les forces vives du Vlaams Belang fort d’une philosophie puissante et fédératrice: «Pas d’avenir sans racines». Ce congrès présidentiel fut d’ailleurs un grand et beau succès avec plus de 1.000 personnes présentes. Dans son discours d’investiture, le nouveau président a rendu un hommage vibrant aux générations plus anciennes du Vlaams Belang, eux qui ont construit et fait grandir notre parti contre vents et marées dans des conditions parfois difficiles et confrontés à une répression inique de la part du régime. Ils ont toujours choisi la force de leurs convictions plutôt que d’emprunter les chemins ultras balisés qu’ont choisi tous les autres partis politiques du pays. Malgré nos récents échecs électoraux, qu’il a fallu digérer, notre nouveau président aborde son mandat le cœur et l’esprit plein de courage et de confiance en l’avenir. Autant d’excellentes raisons pour une rencontre avec vos Vérités bruxelloises.

Vérités Bruxelloises: Bonjour Tom, pouvons-nous te féliciter chaleureusement pour ton élection comme nouveau président de notre parti ?

Tom Van Grieken: Bien sûr ! Ce n’est pas un secret que la confiance que m’accordent tant de membres du Vlaams Belang me fait un plaisir énorme.

VB: Tu est désormais le plus jeune président de parti que ce pays a jamais connu. Comme opération de rajeunissement, ça peut compter. Mais est-ce qu’en même temps tu ne crains pas de ne pas être totalement pris au sérieux par certains ?

TVG: Absolument pas. Le fait que 93% des membres, jeunes et plus âgés confondus, m’ont accordé leur confiance le démontre. De plus, je n’ai bien évidemment, et malheureusement, aucun contrôle sur l’âge que j’ai. (Rire). Sur le reste oui, heureusement.

VB: Tu n’as pas pu te reposer sur tes lauriers bien longtemps. Notre parti a encaissé des coups très rudes lors des dernières élections…

TVG: C’est une évidence et je n’ai absolument pas l’intention d’accepter passivement cette situation. Je ne vois pas du tout cet échec électoral comme un point final à la prodigieuse aventure politique du Vlaams Belang. Bien au contraire. Il s’agit pour moi d’un nouveau commencement. Si vous observez la presse écrite d’aujourd’hui, vous constaterez que nos thèmes n’ont jamais été aussi pertinents. A travers les années, nous constatons que plusieurs partis traditionnels se sont inspirés de nos idées et des pans entiers de notre programme, parfois même sans en changer une virgule, ont été repris. Rien que ceci suffit à démontrer combien le Vlaams Belang a pesé sur la politique de ces dernières décennies. Mais cela ne nous satisfait pas complètement, loin de là. Un parti comme la N-VA a montré que nos idées peuvent gagner des élections, mais qu’elles peuvent aussi atterrir dans la corbeille dès après les élections, au moment où il s’agit de négocier la distribution des postes ministériels.

VB: Tu n’as pas hésité à dire lors de quelques interviews que tu souhaites débarrasser notre parti de son image extrémiste. Qu’entends-tu exactement par là ?

TVG: La presse joue un rôle particulièrement pervers a cet égard. Nous n’avons que très rarement l’occasion de nous exprimer, et les rares fois où nous sommes évoqués, il s’agit essentiellement de véhiculer une image dégradante, et donc mensongère, de notre parti. D’ailleurs, vous en savez quelque chose à Bruxelles ! De même les autres partis politiques de ce pays ont souvent qualifié le Vlaams Belang et ses militants d’ «extrémistes». C’est parfaitement injuste, surtout à la lumière de différentes études qui démontrent que nos idées sont portées et partagées par un très grand nombre de nos concitoyens. On semble vouloir accréditer l’idée que notre action serait dirigée contre les individus. Rien n’est moins vrai. Oui, l’islamisation de nos quartiers nous pose un problème, mais cela ne veut pas dire que nous refusons tout dialogue avec les musulmans modérés. Qui peut encore nier aujourd’hui qu’il existe des tensions dans notre société et que ces tensions trouvent leur origine dans un modèle multiculturel qui nous a été artificiellement imposé ?

VB: En quoi consistent ces tensions ?

TVG: Une étude récente soulignait l’existence d’une tension grandissante entre musulmans et non-musulmans à Bruxelles. Apparemment, il est devenu tabou dans certaines classes de certaines écoles bruxelloises d’aborder le sujet de l’évolutionnisme. Il s’agirait ici de  tensions «religieuses». Tout observateur attentif, connaisseur de la réalité des grandes villes, sait pertinemment de quoi il en retourne: c’est en raison de la mauvaise volonté des élèves musulmans que ce genre de sujet ne peut plus être abordé. Si nous sommes assez hospitaliers pour accueillir des immigrés musulmans dans notre société, nous sommes bien  légitimement en droit d’exiger une contrepartie. Le respect de nos valeurs, de nos normes et de notre culture, par exemple. Il n’est pas acceptable, ni même pensable, que ce soient leurs valeurs qui soient imposées à la population autochtone. Notre point de vue sur cette question est-il si extrémiste ? Je ne le pense pas. Chacun peut être le bienvenu, à condition de s’adapter. Le fait que nous soyons aujourd’hui confrontés à tant de ces problèmes démontre que ces principes essentiels n’ont pas été suffisamment rappelés et imposés par le passé. Le seul parti qui n’a jamais cessé de le faire est le Vlaams Belang. Et nous continuerons à le faire, rassurez vous ! (Rires).

VB: Le Vlaams Belang ne cache pas qu’il estime nécessaire et important de travailler de concert avec des partenaires européens avec qui il partage un point de vue comparable. Lors des dernières élections, les candidats bruxellois ont même reçu un soutien appuyé de la part de Marine Le Pen…

TVG: Nous pouvons affirmer aujourd’hui que ¾ des lois qui sont votées dans nos parlements sont la traduction en droit national de directives européennes. Le Vlaams Belang ne veut en aucun cas participer à l’abus de confiance généralisé perpétré par l’ensemble du spectre politique dans ce pays et c’est à ce titre que nous refusons d’occulter cet état de fait. Si nous voulons que de vrais et grands changements s’opèrent, il faudra bien qu’il se passe quelque chose tant en politique intérieure qu’extérieure. Il est donc parfaitement logique que nous établissions des alliances au-delà de nos frontières comme c’est le cas avec la Lega Nord italienne, le FPÖ en Autriche, le PVV aux Pays-Bas et naturellement le Front National français.

VB: Et qu’en est-il de Bruxelles ? Un sujet traditionnellement brûlant pour un parti nationaliste flamand…

TVG: Je suis très clair à ce sujet: le Vlaams Belang n’a jamais lâché Bruxelles. Ni hier, ni aujourd’hui, et encore moins demain ! La Flandre et Bruxelles sont historiquement indissociables et je suis le dernier qui souhaite rompre ce lien sacré. Plus encore, je suis intimement convaincu que les liens qui unissent la Flandre et Bruxelles doivent être renforcés. Il faut dire les choses comme elles sont: Bruxelles a des problèmes, de gigantesques problèmes, mais Bruxelles n’EST pas LE problème. Le plus grand problème de Bruxelles est incarné par les partis politiques francophones au pouvoir qui décident de tout, aidés en cela par leurs sherpas néerlandophones. Nous avons vu à quoi cela a mené ces dernières décennies: délabrement, insécurité et exode massif de la classe moyenne hors de Bruxelles. Cette anti-gestion qui dure depuis des années n’a évidemment fait aucun bien à l’image de Bruxelles, c’est le moins que l’on puisse dire. Cela signifie-t-il que nous devons abandonner les Bruxellois restants à leur triste sort ? Pas question ! Le Vlaams Belang continuera à défendre ses propositions fortes afin de préserver les droits des vrais Bruxellois, qu’ils soient néerlandophones ou francophones.

VB: Voilà qui a le mérite d’être extrêmement clair ! Merci pour ce bel entretien !

TVG: Tout le plaisir est pour moi !

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