Hold-up sur notre épargne, par Patrick Sessler

Les prévisions budgétairLes prévisions budgétairTirelire casséees du gouvernement belge sont toujours en dessous de la réalité, ce qui le force à user de toutes sortes d’entourloupettes pour nouer les deux bouts.es du gouvernement belge sont toujours en dessous de la réalité, ce qui le force à user de toutes sortes d’entourloupettes pour nouer les deux bouts.

Au même moment, les 240 milliards d’euros qui dorment sur nos comptes d’épargne font loucher d’envie nos grands argentiers. La tentation est grande de se servir.

Acte 1: Chypre avant la Belgique

Nous avons tous en mémoire le dangereux précédent à Chypre au mois de mars de cette année. Dans un scénario qui rappelle furieusement le jeudi noir de 1929, les déposants se sont retrouvés devant leurs agences bancaires fermées un lundi matin, les empêchant d’effectuer le moindre retrait. De même, les distributeurs de billets étaient bloqués.

Il s’agissait, en effet, d’empêcher tout retrait avant la mise en place d’une nouvelle taxation de l’épargne de 6,75% pour les montants en dessous de 100.000 euros et de 9,9% au-delà.

Le Président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, avait précisé que «la taxe sur les dépôts bancaires est une mesure exceptionnelle» qui devait «permettre avec le programme d’assistance financière de restaurer la viabilité du système bancaire chypriote et de garantir la stabilité financière du pays». Voilà qui devait rassurer l’épargnant belge.

Acte 2: C’est pas nous, c’est l’Europe

«Le débat n’est pas mené ouvertement au plan politique belge mais il sera tranché au niveau européen» (La Libre Belgique du 14 mai 2013)

Aujourd’hui en Belgique, les montants épargnés sous les 1.880 euros d’intérêts sont défiscalisés. Comme aucun acteur politique ne souhaite se mettre à dos ces centaines de milliers d’épargnants-électeurs, ils font mine de devoir se plier aux exigences européennes. C’est la Cour de Justice de l’Union Européenne qui se prononcera ce 6 juin 2013 sur un recours lié à une procédure d’infraction relative au régime fiscal de ces comptes. En bref, il s’agirait d’une situation de concurrence déloyale entre les banques belges et les banques étrangères puisqu’il existe aujourd’hui la possibilité aux seules banques belges d’offrir ces comptes défiscalisés. Le gouvernement belge n’en demandait pas tant. Il pourra mettre main basse sur une partie de cette épargne en rejetant la faute sur l’Europe. D’ailleurs, la Belgique a déjà annoncée qu’elle n’introduira aucun recours contre cette décision. Sommet d’hypocrisie et comportement de caniche.

Acte 3: La Gestapo fiscale à la mode Élio Di Rupo

Comme tout gouvernement réellement totalitaire, celui d’Élio Di Rupo veut faire le cadastre des comptes d’épargne pour que rien ni personne ne puisse échapper à sa moulinette fiscale. Il s’agit d’une attaque frontale contre la classe moyenne qui travaille et épargne, ni plus, ni moins. Dans les faits, ils s’agirait d’établir un registre des données sur les comptes d’épargne qui contraindrait les banques à fournir toutes les données dont elles disposent au fisc. Pourquoi ? Parce que l’épargnant belge a tendance à ouvrir plusieurs comptes d’épargne afin de toujours rester en dessous des fameux 1.880 euros d’intérêts par compte. Procédé qualifié d’évasion fiscale. On oublie un peu facilement que les intérêts de ces comptes diminuent sans cesse et qu’il est de plus en plus question d’un intérêt 0 à plus ou moins court terme. On oublie également que cette épargne est considérée par de nombreux épargnants comme une poire pour la soif au moment de la retraite et on oublie surtout que pour la toute grande majorité des cas, il s’agit du produit du travail de gens qui toute leur vie ont payé leurs impôts sans rechigner. Rappelons également que ce ne sont pas ces contribuables prudents qui sont la cause des errements financiers des banques et de l’État.

Acte 4: Réactions justifiées de l’épargnant belge

L’épargnant belge est estomaqué face à cette hargne à son égard. On nous apprend depuis notre enfance qu’il faut épargner. Qu’il s’agit même d’une vertu cardinale du bon citoyen, du bon père de famille. Nous avons tous du apprendre par cœur la fable La Cigale et la Fourmi de Jean de la Fontaine. Aujourd’hui, l’épargnant serait une sorte de pervers incivique qui refuse de livrer le fruit de son travail pour sauver les banques et les budgets de l’État. Haro sur ces égoïstes qui n’ont plus confiance ni dans les banques et encore moins en la bourse, qui pensent que l’État a été mal géré et que les priorité budgétaires ont été mal déterminées et qui d’une manière générale considèrent le personnel politique au pouvoir comme des figures troubles indignes de leur confiance. ET POUR CAUSE ! Cette mise à mal de l’épargne touche au plus profond de notre culture de transmission de nos avoir à la génération qui nous suit. Nous voulons conserver ce qui a été péniblement réuni afin de le transmettre à ceux que nous aimons, mais c’était sans compter avec la Gestapo de Di Rupo.

Qui s’étonne dès lors que des montants astronomiques quittent les comptes d’épargnes pour atterrir au fond de coffres bien scellés ? Qui s’étonne que beaucoup d’épargnants pensent à placer leur argent dans l’immobilier et souvent à l’étranger ? Le nombre de retraités qui choisissent d’autres cieux pour terminer leurs jours est en constante augmentation.

Qualifier de fuite des capitaux ce qui n’est qu’une légitime défense face à une agression sans précédent contre l’un des plus importants piliers de notre culture qu’est l’épargne est une honte absolue, surtout au regard de ce qui suit.

Acte 5: Ceux qui ne risquent rien

Certains épargnants échappent complétement aux mesures et menaces qui pèsent sur l’épargne en Belgique. Selon certaines statistiques, il apparaît que les immigrés transfèrent de grandes sommes d’argent vers leurs pays d’origine. Selon la Banque mondiale, il s’agit en 2007 d’un montant de 153 milliards versés de par le monde. Il ne s’agit que des montants enregistrés via les banques et les bureaux de transferts. Les chercheurs considèrent qu’il faut doubler ce montant pour approcher la réalité. Il n’existe pas de données formelles en la matière et certainement pas de chiffres par pays d’origine.

Sur base des éléments connus, on peut déterminer qu’en 2003, 296 million d’euros ont été transférer par les immigrés vers leurs pays d’origine, 276 million en 2004, 333 million en 2005, 342 million en 2006 et 349 million en 2007. Nous ne connaissons pas de chiffres plus récents. Une fois de plus, ceci est très en dessous de la réalité.

Le site néerlandais Trouw.nl relève que chaque année ce sont 8 milliards d’euros (chiffre de la Banque mondiale) qui sont transférés par les immigrés.

Dans Le Quotidien d’Oran du 13 août 2009, le journaliste M. Saädoune nous éclaire sur la question: «L’argent des émigrés intéresse les banques françaises. Rien de nouveau. Les banques marocaines le font depuis longtemps et les transferts des MRE (marocains résidents à l’étranger) sont devenus un élément très important de la structure financière globale du pays». «Les banques marocaines ont déployé depuis longtemps une stratégie puissante et soutenue pour canaliser et capter les fonds des expatriés». « Des banques marocaines très actives qui trustent 85% des transferts des Marocains résident à l’étranger».

Il y a donc des épargnants qui ne risquent rien en Belgique. Tant ceux qui épargnent une partie du fruit de leur travail que ceux qui épargnent des montants perçus du CPAS, du chômage, de la mutuelle, des allocations familiales, ou toute autre allocation.

Bien sûr, dans la mentalité gestapiste d’Élio Di Rupo, il ne peut être question de parler ici d’ «évasion fiscale»: seuls les épargnants de souche sont capable d’une telle ignominie.

Acte 6: Pour le Vlaams Belang, il n’y pas de fatalité

Il n’y a pas de fatalité. Le Vlaams Belang pense que nous ne sommes pas obligés de toujours dire oui à l’Europe. Il n’est pas obligatoire de se comporter en caniche obéissant face à ces instances supranationales. Les Français, les Allemands et surtout les Anglais ont souvent dit non aux diktats de l’Europe quand l’intérêt supérieur de leurs nationaux était en jeu. C’est le cas aujourd’hui parce qu’on touche non seulement à un pilier culturel qu’est l’épargne, mais aussi parce qu’il n’y a pas d’alternative crédible à l’épargne de bon père de famille. Mais aussi parce que ce qui est projeté fera évidemment fuir des capitaux vers l’étranger et bien plus qu’aujourd’hui. La réinjection de l’épargne dans l’économie belge est un mythe qui ne tient compte ni de la psychologie ni des traditions de nos compatriotes et qui ne tient pas compte non plus de la liquéfaction de la confiance qu’avait la classe moyenne envers les institutions du pays et envers le secteur bancaire.

Commençons par le commencement, comme le veut le Vlaams Belang: scindons les banques d’épargne et les banques spéculatives. Travaillons au redressement économique, menons des politiques d’économies dans le train de vie de l’État, cherchons les secteurs où les coûts sont inacceptables et agissons sur ces secteurs, comme l’immigration, comme les abus dans la sécurité sociale, dans les politiques d’aide au développement, dans le secteur diplomatique, etc… Vouloir prendre les 240 milliards épargnés est une solution de facilité qui ne demande guère de courage. Attention au jour où la classe moyenne se réveillera, l’histoire nous montre que c’est toujours elle qui est à la base des révolutions.

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