Extrait du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen lors de l’Université d’été du FNJ (Front national de la jeunesse), à Lormes (Nièvre) 6 juillet 2008

Mes chers amis, Mes chers camaPatrick Sessler en compagnie de Jean-Marie Le Pen au Parlement européenrades,

Puisque l’occasion m’est donnée d’intervenir une nouvelle fois en clôture de l’Université d’été des jeunes, qui par le beau soleil du jour, annonce, à n’en point douter, un été particulièrement chaud, je voudrais commencer mon propos par une réflexion, ou plutôt une somme de réflexions sur la jeunesse.

On dit que la jeunesse est le plus bel âge de la vie. Je ne sais pas si c’est vrai, ou plus exactement, je ne sais pas si c’est encore vrai, à la fois parce que les choses ne sont pas si simples, pour les jeunes générations, et parce que les progrès de la médecine ont permis à d’autres âges ou à d’autres périodes du cycle de vie humain, de devenir particulièrement agréable.

Il nous faut commencer cette réflexion importante, et de circonstance, en nous posant quelques questions essentielles.

Que signifie être jeune aujourd’hui ?

Les jeunes générations contemporaines ont-elles les mêmes attentes, les mêmes perspectives que les générations précédentes ?

Quelles sont les contraintes, voire les complexes qu’impose la dramatique idéologie contemporaine du jeunisme ?

Un premier constat, de nature historique, s’impose à l’évidence.

En l’espace de quatre siècles, la durée et la condition de la jeunesse ont profondément changé, au terme d’une de ces mutations sociologiques fondamentales que l’observation du temps long de l’histoire permet de déceler.

Au XVIème et au XVIIème siècle en effet, la jeunesse se terminait à 14 ans environ, date de la maturité sexuelle des jeunes garçons, âge moyen du mariage des jeunes filles de la bonne société.

Il est vrai qu’en ces temps là, l’espérance de vie atteignait à peine 35 ou 40 ans, et que, par ce simple fait de nature, chacun sautait rapidement des langes de la prime enfance à la préadolescence, puis à l’âge adulte.

Peu à peu, le temps de la jeunesse s’est étendu jusqu’à 16 ans, au XVIIIème siècle, puis à 18 ans au XIXème et XXème siècle, avant que les canons de Verdun et les tranchées de la Somme ne plongent des générations entières de jeunes gens dans les affres de la Grande Guerre, dont ne sortirent que des âmes ridées, trop vite déniaisées par l’enfer des orages d’acier, et des corps vieillis car souvent brisés par la mitraille ou les gaz asphyxiants.

Certes, nul ne souhaite à notre jeunesse d’entrer ainsi dans l’âge adulte.

Mais il est tout de même frappant de constater qu’aujourd’hui, la jeunesse s’étale jusqu’à 30 ans.

Jusque dans les années 70, la majorité était fixée à 21 ans, âge auquel on a fait son apprentissage et effectué son service militaire. Celui-ci était effectué par les étudiants après un sursis d’incorporation parallèle aux études.

Bien qu’on ait réduit à 18 ans, à l’époque de monsieur Giscard d’Estaing, au nom du « libéralisme avancé », l’âge de la majorité civique et juridique, on n’a pas rendu les jeunes plus libres, ni d’ailleurs nécessairement plus matures.

En effet, l’âge de la majorité sociale et psychologique, qu’on ne peut codifier par des règles de droit, a changé : on reste mineur de fait tant qu’on ne gagne pas sa vie soi-même, tant qu’on reste hébergé et nourri par ses parents, tant qu’on ne sent pas capable de prendre charge de famille.

Observez qu’on entre de plus en plus tard dans la vie active, en raison de la longueur souvent boursouflée des études, que l’on se marie de plus en plus tard, que l’on procrée de plus en plus tard, ce qui a une incidence sur chacun, mais aussi sur la collectivité toute entière.

Bref, j’ai le sentiment qu’aujourd’hui, beaucoup de jeunes gens restent dans les handicaps de la jeunesse, c’est-à-dire l’absence d’autonomie, de liberté, la non-disposition de soi, sans pour autant disposer des perspectives qui furent celles des générations précédentes.

Comme vous le savez en effet, le contexte général qui nous entoure n’est hélas, guère favorable à l’épanouissement des initiatives et des engagements.

Jadis chaque enfant qui naissait héritait de l’immense patrimoine culturel, historique et linguistique accumulé par les générations précédentes de Français.

Le petit d’homme, qui ne peut que recevoir, était ainsi doté d’une somme de valeurs, d’expériences et de traditions qui formaient son jugement, son caractère, sa vision du monde, autant d’armes nécessaire à l’exercice de sa liberté et de sa volonté.

L’apprentissage social s’étalait de la famille à l’école et au service militaire, sans oublier l’action des organisations religieuses, sportives ou sociales comme le mouvement scout.

Or, on n’apprend plus l’histoire à nos enfants, ou alors une histoire tellement manipulée qu’elle gagnerait à être qualifiée de son vrai nom de propagande…

On n’apprend plus l’amour de la patrie et des anciens, diabolisés par la propagande permanente de repentance dont on abreuve l’opinion,

On n’apprend plus les fondements de la langue française – alors que dire de l’enseignement de ses subtilités !

On n’apprend plus la différence entre le bien et le mal, la différence entre le respect et l’irrespect.

Ainsi, par mollesse ou idéologie, les familles et l’école ont abdiqué, et ne transmettent plus grand-chose, condamnant par avance des générations de jeunes à rejoindre le troupeau des consommateurs repus, béats et satisfaits, propices à toutes les manipulations, formatés pour marcher comme un seul homme à l’abattoir, voire à courir jusqu’au précipice.

Un malheur n’arrivant jamais seul, chaque enfant qui nait hérite de 17.000 euros de dette publique, fruit vénéneux du laxisme et de la démagogie des politiciens qui se succèdent au pouvoir depuis 30 ans.

Chaque jeune français qui sort du système de formation se retrouve parachuté sur un marché de l’emploi saturé, ravagé par l’ouverture des frontières commerciales, des frontières du travail, des frontières migratoires.

Beaucoup de jeunes commencent ainsi leur vie professionnelle avec 400 euros par mois, hélas.

Oui mesdames et messieurs, de tous ces points de vue, le recul de l’âge adulte est bel et bien un mirage.

Alors, mes jeunes camarades, si je devais vous donner un conseil, un seul conseil, ce serait le suivant.

Ne gaspillez pas vos forces et vos chances, ne perdez pas votre temps. Tant que votre cerveau est souple et apte à apprendre, accumulez les connaissances, le maximum de savoirs, le plus possible d’informations culturelles et professionnelles.

On apprend de moins en moins bien avec l’âge, on a de moins en moins le temps et l’envie.

Dès lors, ne négligez pas les responsabilités que vous avez vis-à-vis de vous-mêmes, pas plus que celles que vous avez vis-à-vis de la postérité.

Vous avez la garde de vous-mêmes et la garde de notre postérité de Français.

C’est une lourde charge, que chacun portera aisément s’il arme sa volonté et forge son savoir.

N’oubliez jamais que 33 ans, c’est l’âge où mourut celui qui venait apporter au monde non l’épée, mais la paix.

Sans blasphème ni injure, je vous engage, moi, à fourbir vos lances et à renforcer vos armures, pour affronter, en vainqueur, les grandes batailles de votre vie et tailler votre place dans le monde de demain.

Jean-Marie Le Pen

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