« Et vous, Monsieur Sessler, vous êtes arrivé quand en Belgique ? »

Toutes les coûteuses politiques d’intégration se sont soldées par un échec. Madame Angela Merckel, Monsieur David Cameron, Monsieur Nicolas Sarkozy et même le gaffeur professionnel Yves Leterme l’ont dit haut et fort.La scène se passe fin 2011, dans un immeuble bruxellois où je m’étais rendu pour raison professionnelle. Lors d’une conversation avec une nettoyeuse Turque, celle-ci me demande tout de go: «Et vous, Monsieur Sessler, vous êtes arrivé quand en Belgique?».

J’étais estomaqué. «Pardon Madame ? » Et la dame de réitérer son incroyable question. Voilà donc quelqu’un qui pense qu’avant son arrivée et l’arrivée de ses très nombreux coreligionnaires, ce pays était uniquement habité par des écureuils et des hérissons. Avant l’immigration, il n’y avait donc aucune activité humaine ici et nous étions donc TOUS des immigrés arrivés ici il y a plus ou moins longtemps.

La question de la dame, pour surréaliste qu’elle puisse paraître, révèle une réalité qui nous échappe complètement: certains groupes ethnico-religieux vivent en vase quasi hermétiquement clos. L’influence extérieure occidentale est pratiquement sans effet sur eux. Des quartiers entiers sont habités par des groupes ethnico-religieux homogènes qui vivent comme les Amish aux États-Unis, hors du temps avec une vision du monde complètement déconnectée de la réalité et encore plus déconnectée de NOTRE réalité.

Le cas de cette dame turque est évidemment extrême, il ne peut servir d’étalon ou de référence, mais il est le révélateur, excessif, d’une réalité désormais même acceptée et relayée par les plus hautes autorités politiques européennes: toutes les coûteuses politiques d’intégration se sont soldées par un échec. Madame Angela Merckel, Monsieur David Cameron, Monsieur Nicolas Sarkozy et même le gaffeur professionnel Yves Leterme l’ont dit haut et fort.

Ce que la droite réputée extrême martèle depuis plus de trente ans, à savoir que les politiques d’intégration sont vouées à l’échec a toujours été balayé d’un revers de main par l’intelligentsia académique, politique et médiatique comme relevant de fantasmes xénophobes et racistes.

Aujourd’hui, la réalité de l’échec de ces politiques est évidente, incontournable et… explosive. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, le tabou était absolu et les vestales de la gauche plurielle en étaient les farouches gardiennes.

Souvenons-nous de la mésaventure arrivée en 2002 à feu Daniel Ducarme, alors président du Mouvement Réformateur (MR, parti libéral francophone). Celui-ci avait eut l’outrecuidance de constater que «la politique d’intégration est un échec» et d’ajouter: «L’intégration a échoué ! C’est visible. Il suffit d’entendre les communautés d’origine étrangère; beaucoup disent: «On ne se sent pas bien là». Et, de l’autre côté, pas mal de ceux que j’appellerais des Belges de souche disent: «on ne sent plus tellement chez nous.»

La Libre Belgique avait titré: «Ducarme provoque un ramdam politique». les PS, Ecolo et CDH avaient immédiatement réagi en déclarant en chœur que Ducarme n’avait «rien compris». Ces trois partis gauchoyants, garants des valeurs morales et éthiques qui sous-tendent notre démocratie avancée que le monde nous envie n’hésitèrent pas à prendre de la hauteur dans leur jugement: «Opposer «Belges de souche» et étrangers, c’est revenir 30 ans en arrière».

Le fait est que Daniel Ducarme avait quitté sa champêtre commune de Thuin pour immigrer à Schaerbeek et que le choc culturel avait été de dimension. Les belles théories immigrationnistes et intégrationnistes, confrontées à la réalité, n’ont pas tenu le choc. Ducarme a réagit en néo-Bruxellois plus vite que son ombre, sans réfléchir sur les conséquences politiques et médiatiques de sa lucide sortie.

Le tollé dans le monde politique francophone fut à la hauteur du crime de lèse-immigration. Le PS bruxellois fut le premier à réagir en rassemblant divers acteurs de la politique de l’intégration à Bruxelles pour montrer l’inanité des propos de Ducarme. Il n’y a qu’une seule vérité: la politique d’intégration est bien en marche et elle livre des résultats toujours plus encourageants. Le PS restait néanmoins prudent en précisant tout de même que les résultats restent imparfaits, des problèmes de cohabitation subsistent dans certains quartiers – mais sans commune mesure avec la poudrière des banlieues françaises, disent-ils. On n’a pas tout réussi, mais on a fait d’incontestables pas en avant, soulignait benoîtement le PS bruxellois, sous la houlette du super-intégrateur Philippe Moureaux.

Daniel Ducarme a fédéré contre lui tous les partis autoproclamés démocratiques francophones, majorité et opposition confondue: Elio Di Rupo (président du PS), Evelyne Huyttebroeck (secrétaire politique ECOLO) et Joëlle Milquet (présidente du CDH) avaient cosigné (avec d’autres ministres, parlementaires, syndicalistes…) un appel à un «sursaut citoyen» tandis qu’au MR on aiguisait les couteaux.

Ce communiqué vengeur est clair: ceux qui portent un regard critique sur l’immigration, qui s’interroge sur les politiques menées, sont des imbéciles voire des crypto-fascistes qui rappellent les heures les plus noires de notre histoire: «M. Ducarme n’a pas compris que les malaises sociaux et les tensions parfois vives dans les quartiers précarisés sont d’abord le produit non pas d’un prétendu «choc des cultures», mais de difficultés sociales et économiques auxquelles sont exposés ceux qui y vivent, sans distinction de leur nationalité». affirment les signataires. Les signataires du communiqué fustigeaient aussi les «perceptions borgnes et sélectives» de Daniel Ducarme.

Peut-être faut-il trouver ailleurs la raison du courroux de nos Danube de la pensée. Je n’ose à peine formuler mon soupçon tant celui-ci paraît invraisemblable: y aurait-il un lien entre la défense de l’indéfendable, l’argumentation spécieuse, le recours à de multiples contre-vérités et le fait que pour leurs partis respectifs, les allochtones constituent un supplétifs d’électeurs, voire l’essentiel de ceux-ci, qui leur est indispensable pour se maintenir au pouvoir vu les désaffections massives des électeurs «Belge de souche» (sic Ducarme) à leur égard ?

Dans cette logique méphistophélique, il faut impérativement que l’intégration apparaisse comme une réussite absolue et insurpassable. Si, par extraordinaire, l’un ou l’autre Ducarme, pourtant membre de la confrérie élitiste des démocrates sans concessions, ose mettre en doute le dogme, non seulement la secte réagi en affirmant que le dissident n’a rien compris, mais il faut également rappeler le dogme, le préalable à toute discussion, le présupposé indiscutable, comme l’ont fait les signataires du communiqué: «La société est désormais multiculturelle et métissée: ne pas vouloir le reconnaître, c’est revenir 30 ans en arrière». C’était en 2002, nous sommes en 2013.

L’important n’est pas que cet axiome soit vrai et scientifiquement démontré ou que cette vision soit partagée par le plus grand nombre (par voie de référendum par exemple), mais que la croyance dans le dogme soit intacte. Il faut que le signifiant du dogme soit irréversible et donc définitif pour les siècles et les siècles.

Le mettre en doute c’est être archaïque, dépassé, appartenir à une époque ténébreuse heureusement révolue. Il FAUT entendre la bonne nouvelle: «La société est désormais multiculturelle et métissée».

Ces nouveaux prêtres de cette nouvelle religion nous prennent vraiment pour des imbéciles.

Comment se fait-il alors que les Merckel, Cameron, Sarkozi et autres Leterme aient osé braver les gardiens fondamentalistes de la religion intégrationniste ?

Deux raisons. D’abord, il arrive un moment où il n’est plus possible de dire le contraire de la vérité tant les faits sont criants. D’autre part, ces éminences politiques sont cataloguées de droite dans des pays où les partis nationalistes, qui ont toujours été dissidents sur ces questions, engrangent de substantiels succès électoraux. La course à l’électorat bat donc son plein: les partis de gauche poursuivent les électeurs allochtones de leurs assiduités et les partis de droite font les yeux doux aux électeurs de droite nationale. Ceci signifie que, dans les deux cas, ces partis ne défendent pas des idées ou une vision du monde mais visent uniquement à réaliser des scores aux élections afin bien entendu de se partager la manne de l’État en subsides, postes rémunérateurs et avantages divers.

C’est cela la démocratie parlementaire d’aujourd’hui et peut-être même de tous temps.

Le contribuable soucieux du bon usage du fruit de son travail se posera immanquablement la question à plusieurs centaines de millions d’euros: A quoi ont servi les sommes faramineuses investies depuis des dizaines d’années dans des politiques dites d’intégration ? Il en tirera forcément les conclusions qui s’imposent, aujourd’hui, demain ? Le plus vite possible en tous les cas et le Vlaams Belang fera tout ce qu’il peut pour lui ouvrir les yeux.

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