Ephémérides de novembre: 6 novembre

Ephémérides de novembre: 6 novembre6 novembre 331 : Naissance à Constantinople du futur empereur Julien, issue de la « Gens Iulia ».

Sa jeunesse fut obscure, sur fond d’assassinats de membres de sa famille, pour éviter toute querelle mettant en danger l’unité de l’Empire. On sait qu’il a étudié en Ionie et à Athènes, que cette formation l’a amené à vénérer la culture grecque, à s’intéresser au néo-platonisme et aux cultes du «Soleil invaincu». Baptisé, chrétien, il se met à se méfier de cette religion d’origine orientale car les assassins de son père et de ses frères ont commis leur forfait au nom de cette doctrine. Extérieurement, il se conforme aux rites chrétiens; intérieurement, il veut rester un Grec, a-chrétien.

Devenu César à 23 ans en 355, il gagne ses premiers lauriers en Gaule, d’où il expulse les Francs et les Alamans. Constantin II, jaloux de ces succès, rappelle une bonne part de son armée des Gaules, soi-disant pour soutenir la lutte contre les Parthes, en réalité pour affaiblir Julien.

Les troupes gauloises de Julien le proclament Imperator. Le choc avec les armées de Constantin II n’aura pas lieu car l’empereur meurt, tout en acceptant que le titre suprême revienne à Julien. Devenu seul maître de l’Empire, Julien proclame en 361 la liberté des cultes mais met tout en œuvre pour faire revivre les vieux cultes païens, en les fortifiant par un clergé à sa dévotion. Cette politique conduisit inévitablement à un choc entre chrétiens et païens. Mais les païens licencieux n’aimaient guère cet empereur austère, inspiré par Marc Aurèle. Sur le plan géopolitique, Julien, comme César et Trajan avant lui, était contraint de conquérir la Mésopotamie, pour éloigner tout adversaire parthe ou perse de la rive orientale de la Méditerranée et de l’Égypte. Pour réaliser cette entreprise dangereuse et onéreuse, Julien assembla la plus grande armée romaine jamais mobilisée (65.000 hommes et une flotte fluviale).

Les experts étaient sceptiques, connaissaient la puissance perse : le désastre devait arriver. A Ctésiphon, un trait lancé «on ne sait d’où» (comme dit un texte), perce le foie de Julien, qui meurt la nuit suivante, à 31 ans, après avoir été Imperator pendant vingt mois. Son œuvre de restauration ne lui survit pas. Reste toutefois le modèle d’un Empereur vertueux et austère. Un modèle impassable qui a inspiré Benoist-Méchin, Rendall, Bidez, Allard et bien d’autres.

6 novembre 1804 : Première alliance austro-russe contre Napoléon. Cette alliance est l’amorce d’une unité eurasienne, du Danube jusqu’au Pacifique.

Malheureusement, les guerres de la «troisième coalition», en 1805, se terminent par un désastre pour l’Autriche, détentrice de la dignité impériale romaine germanique. L’armée autrichienne est encerclée à Ulm, où combattent les derniers soldats wallons du Saint Empire (*), et doit capituler. Vienne, la capitale impériale, est investie par les hordes napoléoniennes, qui se livrent au pillage. L’Archiduc Charles ne s’avoue pas vaincu. Il rassemble les débris épars de l’armée autrichienne en Italie, en Croatie et en Hongrie, mais le 2 décembre 1805, les armées russes et autrichiennes sont écrasées à Austerlitz.

Ce désastre épouvantable force la Prusse à accepter le Traité de Schönbrunn (12 décembre 1805), qui la chasse des rives du Rhin, et l’Autriche à accepter la Paix de Presbourg (Bratislava), où elle perd ses territoires d’Italie (Vénétie et Dalmatie), c’est-à-dire presque toutes ses fenêtres sur l’Adriatique et la Méditerranée. C’est le prélude à la «Paix de Schönbrunn» de 1809, suite à l’échec de la cinquième coalition anti-napoléonienne, où l’Autriche perd toute ouverture sur la mer, un but de guerre franco-anglais de 1914.

(*) Un sous-officier survivant du désastre d’Ulm sera décoré sur la Grand’Place de Bruxelles en 1843.

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