Entretien exclusif avec Marion Maréchal-Le Pen, député du Front National

Marion Maréchal-Le Pen était l’invitée principale de la fête européenne organisée le 29 septembre 2013 par le Vlaams Belang à Boom, dans la banlieue d’Anvers. A cette occasion, la jeune et fringante élue du Front National a accordé une longue interview à Frédéric Erens, le président du Vlaams Belang en Région bruxelloise, dont l’essentiel a été traduit en néerlandais et publié dans le mensuel du Vlaams Belang.

Marion Maréchal-Le Pen, Frédéric Erens, Dominiek Lootens

Marion Maréchal-Le Pen entourée de Frédéric Erens (à gauche) et Dominiek Lootens (à droite).

Nous vous proposons ici en exclusivité le texte intégral de cet entretien. Le Front National dispose avec Marion Maréchal-Le Pen d’un nouveau navire de guerre politique et vous constaterez que sa puissance de feu est impressionnante.

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Vous êtes en quelque sorte la nouvelle vedette de la politique française, vous sentez-vous haïe par vos adversaires ?

Depuis mon élection, je n’ai jamais eu le moindre problème d’insulte ou d’agression en rue ou quoi que ce soit de comparable. Il y a un changement de mentalité tout de même. Il y a même des gens de l’UMP qui viennent me voir et qui me disent: «On n’est pas du même mouvement mais on trouve ça bien qu’il y ait des gens comme vous, ça participe du débat».

Récemment, lors d’un débat télévisé sur le thème de la sécurité, avec entre autres Besancenot, j’ai observé qu’on me laissait la parole, ce qui n’a pratiquement jamais été le cas avec Jean-Marie Le Pen dans le passé. Tant les représentants des partis présents sur le plateau que la responsable du syndicat de la magistrature se sont comportés normalement. Même les journalistes ne se permettent plus de faire ce qu’ils faisaient avant.

Le Vlaams Belang, sous l’impulsion de notre Président, Gerolf Annemans, développe une stratégie de rajeunissement qui se fera sentir sur nos listes électorales, qu’en est-il chez vous ?

De même, cela fait sans aucun doute partie de notre «stratégie d’image». Nous faisons vraiment beaucoup de place aux jeunes : aux législatives, nous avons présenté 130 candidats de moins de trente ans. Il y en a pas mal qui ont été désignés tête de liste pour les municipales. C’est une génération qui est bien formée politiquement. Ils viennent des grandes écoles, sciences po ou ils ont fait le droit et ils n’ont pas peur. Nous leurs faisons de la place, ce qui n’est pas le cas par exemple à l’UMP ou au PS où tout est verrouillé. Ce sont des jeunes comme vous et moi, parfaitement normaux. Ce ne sont ni des marginaux ni des bobos parisiens. Ils sont inattaquables, ce qui désarçonne les médias. Phénomène tout à fait nouveau, nous avons de plus en plus de jeunes qui viennent du parti socialiste et c’est une évolution extraordinairement intéressante.

En Belgique, les socialistes défendent le repli identitaire pour toutes les communautés allochtones mais la refusent, la dénoncent et la combattent lorsqu’il s’agit de notre propre peuple. Qu’en est-il en France ?

C’est exactement la même chose en France. Il s’agit d’une stratégie électorale. Le Think Tank du parti socialiste, «Terranova» a coulé noir sur blanc leur stratégie: on a perdu la classe ouvrière, l’électorat prolétaire est au Front National, alors ce qui nous reste comme électorat, c’est l’électorat immigré, Français d’origine immigrée, bientôt étranger puisqu’ils veulent octroyer le droit de vote aux étrangers pour les élections locales. Cet électorat est plus porteur pour eux que celui des Français de souche. Les classes populaires, qui sont les premières à subir l’insécurité, l’immigration et le communautarisme et qui sont les premières à se retrouver au chômage, ne peuvent donc en aucune manière se retrouver dans un discours de gauche. C’est impossible.

Marion Maréchal-Le Pen, vous êtes la plus jeune députée de l’histoire de la République française comme l’a été votre grand-père en son temps. Alors que votre âge devrait être celui d’une certaine insouciance, vous êtes plongée, avec le Front National, dans la vie politique d’une élue d’un parti de droite nationale à la fois haï et jalousé par ses ennemis politiques et médiatiques. Comment faites-vous pour conserver votre calme, par exemple face à un Besancenot transpirant la haine pour tout ce que vous représentez ?

Je fais partie d’une génération qui relève la tête. On nous a fait taire pendant longtemps, mais le fait est que je fais partie d’une génération qui va payer lourdement les erreurs de ses aînés, une génération qui n’a le droit que de se taire parce qu’on nous a privés de pans entiers de notre souveraineté. Une génération qui subit de plus en plus l’insécurité puisque la jeunesse en France est celle qui est le plus confrontée au chômage. Je fais partie d’une génération qui voit un spectre terrifiant arriver, celui de la guerre civile et je le dis vraiment en pesant mes mots.

En France, deux jeunesses sont en train d’émerger et elles se regardent en chiens de faïence. Elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre si ce n’est le fait de vivre sur le même territoire. Les Français sont un peuple fondamentalement politique qui ne croit plus au renouveau mais qui a envie d’y croire quand même. Je suis un peu le «bébé» de cette génération-là, avec cette opportunité extraordinaire de pouvoir, à un âge assez jeune, exprimer publiquement mes idées. Il y a également, bien sûr, la dimension personnelle. Je crois que je tiens probablement de mon grand-père et de ma tante le fait que je ne me laisse pas facilement impressionner (en riant). Je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite.

Vous avez souligné avec pertinence le lien qui existe entre insécurité et criminalité et immigration. Ce sujet est resté tabou en France comme en Belgique pendant plusieurs décennies. Aujourd’hui, plus personne ne nie vraiment le phénomène parce que les chiffres sont indiscutables d’une part, mais aussi en raison d’une sorte de lepenisation des esprits qui est sans doute la plus belle victoire métapolitique du Front National. Cette lepenisation des esprits est d’ailleurs vécue comme un cauchemar par l’ensemble du spectre politique traditionnel ?

C’est en effet assez étonnant. Pendant des années, ils ont refusé d’aborder un certain nombre de thématiques parce que c’était surfer sur la vague du Front National à tel point qu’ils ont délaissé des pans entiers de problèmes qui touchaient pourtant très quotidiennement les Françaises et les Français. L’insécurité est un thème majeur parce qu’on voit arriver en France une ultra-violence, gratuite, qui n’existait pas il y a encore quelques décennies. Nous observons une explosion des cambriolages, des atteintes aux personnes, et ma génération subit une restriction insidieuse et pernicieuse de nos libertés. On n’ose plus se balader de telle heure à telle heure dans tel quartier, on ne met plus tel ou tel vêtement en fonction de l’endroit où on se trouve. Nous n’étions pas préparés à une telle «évolution» de notre société. Nous étions un peuple qui ne connaissions pas une insécurité dans ces proportions-là et il est vrai que l’arrivée massive d’immigrés et l’échec total de l’assimilation en France constituent un élément éminent d’explication du phénomène.

Aujourd’hui, c’est même l’exact contraire de l’assimilation qui a lieu. Il y a une revendication extrême du «droit à la différence» sauf évidemment pour les Français de souche. Nous assistons à une inversion totale des valeurs, avec un laxisme d’État scandaleux. On a 82.000 peines de prison de moins de deux ans qui ne sont pas appliquées en France, nos prisons sont en surpopulation dramatique et on refuse d’en construire de nouvelles pour des raisons idéologiques. Et puis il y a la politique de l’excuse du genre «cette jeunesse immigrée est victime de la colonisation, c’est la pauvreté qui est responsable et c’est la société qui les rend comme ça».

Moi, je fréquente beaucoup de gens qui vivent dans une certaine précarité, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, dans la Creuse, qui ne jouissent pas des investissements d’État réalisés dans les banlieues françaises. Pourtant, ils arrivent à transmettre des valeurs à leurs enfants. Je nie totalement ce lien qu’ils tentent de faire entre situation sociale et comportement asocial. Nous sommes les seuls aujourd’hui à aborder ce sujet avec autant de sincérité. Même l’UMP ne s’y risque pas parce que ce serait «fascisant».

Pour eux, il est donc «fascisant» de défendre les victimes en France. Mais nous observons une évolution là-dessus puisque notre ministre de l’Intérieur, Monsieur Vals, qui est pourtant un socialiste, tient parfois des propos très réalistes qu’on n’aurait pas pu entendre dans la bouche d’un socialiste il y a encore dix ans. Encore faut-il qu’il dépasse le discours pour enfin agir.

Nous avons été frappés par cet accident de train où nous avons vu une certaine jeunesse se précipiter pour «aider» les victimes » en les délestant de leurs biens et bijoux ?

En effet, ils ont dépouillé des cadavres. Nous avons assisté à des scènes dignes du Far-West. Tout cela est extrêmement inquiétant et choquant. Nous sommes face à une génération qui est en perte totale de valeurs, qui n’a plus conscience de rien, qui a un mépris total pour le pays qui les accueille. C’est d’ailleurs assez paradoxal parce que dans la politique de la ville qui est menée en France, les banlieues françaises ont l’attention médiatique et politique: pour preuve les investissements publics massifs que n’ont pas les milieux ruraux. Il s’agit d’une discrimination inversée: ils jouissent d’infrastructures, il existe quantité d’associations subsidiées d’aide scolaire au détriment total des milieux «rurbain» comme on les appelle ou carrément ruraux. L’État n’a pas abandonné les banlieues, bien au contraire: prétendre le contraire est dire le contraire de la vérité

Partout en Europe, les partis nationaux et patriotiques engrangent des succès électoraux. L’alliance de ces forces de la renaissance européenne est-elle possible, quelles sont ses possibilités et ses limites ?

Il y a un phénomène généralisé en Europe qui voit une ascension très intéressante des partis dits «eurosceptiques» avec des thématiques fortes en matière de sécurité, d’immigration et de défense de l’identité. C’est quelque chose que nous cultivons : il y a beaucoup de conférences organisées par les partis, il y a notamment l’Alliance Européenne Pour les Libertés, que vous connaissez, au sein de laquelle se retrouvent différents mouvements, en espérant d’ailleurs qu’il soit élargi après les élections européennes du 25 mai 2014. Ces partis se retrouvent sur l’essentiel, à savoir la défense de nos souverainetés respectives. Néanmoins, les limites se trouvent par exemple en ce qui concerne l’UKIP (United Kingdom Independence Party) qui a une politique économique très libérale très différente de la nôtre. Leur programme est lié à l’insularité de l’Angleterre. Il y a donc quelques limites, mais on peut se retrouver sur le fait que cette Union européenne est tellement antidémocratique et technocratique et qu’elle est à la botte d’un certain nombre de lobbys au point qu’elle s’est construite contre les peuples européens et cela sans engranger le moindre succès. Pour preuve l’explosion du chômage, la désindustrialisation massive et son incapacité à se défendre face à la mondialisation et face à la concurrence déloyale des pays émergents.

Quelles sont vos références en politique à travers l’Histoire du continent européen, qui admirez-vous le plus et qui vous irrite le plus ?

Jean-Marie Le Pen a suscité beaucoup de vocations parce qu’il a osé dire des choses que personne n’osait dire. Il fait partie de ces hommes qui donnent la foi. Je fais partie d’une génération qui n’a connu que la médiocrité en politique. Il faut dire ce qui est: l’immoralité, la médiocrité, la corruption, le mensonge. Je fais partie d’une génération qui a un profond désamour pour la politique même si on a envie d’y croire. Nous avons à faire avec des «élites» qui sont hostiles au peuple français et qui le méprisent. En France, les belles références politiques que j’ai ne datent pas d’hier. Il y a bien sûr Jeanne d’Arc et, même si je ne suis pas pour l’empire, je reste une grande admiratrice de Napoléon qui était un homme très attachant qui a œuvré à la grandeur de la France. Mes références datent donc un peu, mais je n’en ai pas trouvé au sein de la classe politique française de ces dernières années.
et qui vous irrite le plus…

Alors là, il y en a beaucoup, mais aujourd’hui, c’est Christiane Taubira, notre ministre de la Justice, qui est la compilation de tout ce que j’exècre en politique. Elle a commencé sa carrière en tant qu’indépendantiste guyanaise, contre la République, contre la France, ensuite il s’agit d’une femme complètement imbibée de l’idéologie socialiste des luttes marxistes: les femmes contre les hommes, les patrons contre les employés, les handicapés contre les valides, les homosexuels contre les hétérosexuels. Elle construit sa politique dans la division, ce qui est très loin de notre conception de l’unité française. Elle est communautariste en posant les communautés contre LA communauté nationale. Elle nie l’identité française. Elle défend une idéologie victimaire et laxiste. Pour moi, Christiane Taubira est une femme vraiment dangereuse. Parmi le personnel politique, c’est elle que je regarde avec le plus de mépris et d’inquiétude.

L’islam est sans doute le plus grand défi que notre vieux continent doit affronter. Comment pensez-vous que ce combat doit être mené ?

Je viens d’un département en France où nous constatons une véritable balkanisation. Maintenant, le communautarisme est tellement fort que nous avons des populations qui vivent chacune avec leur mode de vie, leur langue, leur culture. Ils ont leurs quartiers, leurs commerces, ils ont leurs parts de marché et ils ont une volonté de s’imposer dans le paysage. Toutes les jeunes femmes sont voilées dès douze ans. On pourrait considérer qu’elles pourraient s’occidentaliser un petit peu, mais non. Ce sont des gens qui, lorsqu’ils jouissent de la double nationalité, votent pour les partis islamistes dans leur pays d’origine.

On voit une véritable volonté de s’imposer dans le paysage politique, avec des mosquées comme des cathédrales, des minarets extrêmement voyants et ce avec la complicité des pouvoirs publics la plupart du temps. C’est une dérive de l’égalitarisme. En France, l’État doit être neutre par rapport aux cultes. La séparation de l’Église et de l’État est un pilier chez nous. La dérive consiste à mettre toutes les religions au même niveau et donc il faut, pour rattraper les retards des unes par rapports aux autres, en quelque sorte leur octroyer tout, tout de suite: jours fériés, cantines halal, etc…

On en est même à avoir des débats sur la question de savoir si on va encore laisser sonner les églises le dimanche et si elles sonnent encore, ne faut-il pas laisser le muezzin faire l’appel à la prière du haut de son minaret. On est dans quelque chose de complètement délirant au nom de cette «égalité». Je pense que, face à la montée du fondamentalisme religieux et des revendications politico-religieuses, dont on souffre beaucoup en France, l’arme ultime, ou en tous les cas la plus efficace, reste la laïcité. Une laïcité intransigeante dans tous les domaines pour combattre cette avancée qui n’est pas une avancée spirituelle mais une avancée de revendication de type identitaire.

Marion Maréchal-Le Pen en compagnie de Filip Dewinter

Marion Maréchal-Le Pen en compagnie de Filip Dewinter

Le soir de l’élection de Monsieur Hollande à la Présidence de la République, sur la place où celui-ci allait s’adresser au «Peuple de France», pas un seul drapeau français n’était présent. Par contre il y avait les drapeaux algérien, mauritanien, libanais, marocain, etc. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

D’abord, je tiens à préciser qu’avec Sarkozy, on en avait déjà vu. J’ai ressenti une honte profonde. La défense des communautés immigrées a été pensée par le think-tank du parti socialiste «Terranova», dont je viens de vous parler. Le parti socialiste s’étant rendu compte que l’électorat populaire, ouvrier, s’était complètement reporté sur le Front National, il a considéré qu’il était électoralement et stratégiquement plus porteur de défendre ces communautés et leurs revendications politiques et forcément, ce soir-là, ces communautés ont considéré que c’était leur victoire.

La victoire de Monsieur Hollande, c’est donc la victoire des communautés antifrançaises ?

C’est exactement ça et je dois dire que l’UMP n’est pas restée en reste puisque Sarkozy a mené une politique extrêmement laxiste : 200.000 entrées illégales par an, 100.000 naturalisations par an, c’est-à-dire exactement la même politique menée par Emmanuel Vals, qui dit qu’il reprend la politique de Sarkozy. Ce qui nous permet de dire en boutade que Monsieur Vals n’est pas un ministre de droite dans un gouvernement de gauche, mais un ministre de gauche du gouvernement Sarkozy. Tout cela doit vraiment nous interpeller.

Quelle est la plus grande leçon politique ou de vie que vous lègue votre grand-père Jean-Marie Le Pen ?

Il y en a beaucoup ! C’est un homme qui est droit. Il a une constance exemplaire parce que Dieu sait si son talent n’est pas passé inaperçu dans la vie politique française. De nombreuses fois on a voulu l’acheter, on lui proposé des places, des postes. Il a toujours refusé par qu’il veut rester libre de ses pensées et de ses paroles. Parmi les conseils qu’il m’a donnés lorsque je me suis lancée en politique, il m’a dit: «Sache que la politique est un art noble qui demande un grand sens des responsabilités. La sincérité est le seul moyen de toucher les gens». Ce qui m’a particulièrement touché a été de voir cet homme qui a été député très jeune quitter son poste à l’Assemblée nationale pour aller faire la guerre d’Algérie. Il n’a pas une conception ethniciste de la France. Pour lui, ce n’est pas une question de couleur de peau et c’est le sens de son engagement en Algérie. Malheureusement on n’a jamais voulu le reconnaître.

D’autant plus qu’un engagement politique, ce n’est pas qu’au Parlement ?

Absolument, il faut des actes et pas seulement des paroles.

«La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort. On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années; on devient vieux parce que on a déserté son idéal». disait le général Mac Arthur en 1945. Nos compatriotes manquent-ils d’idéal aujourd’hui ou sommes-nous tous soudainement devenus vieux ?

Je pense que ce sont surtout les «élites» qui nous rendent vieux. Ils nous désespèrent, nous découragent et nous démotivent en permanence. Ils nous humilient en permanence. Ils nous expliquent qu’on est rien, qu’on est un petit peuple chauvin, raciste et xénophobe et ils nous répètent ça depuis des décennies. Ils pratiquent un travail de sape par ailleurs bien construit. Les vecteurs de pensée en France, comme l’éducation nationale par exemple, n’ont de cesse de nous rabâcher un certain nombre de contre-vérités. Nous sommes un peuple qui a souffert d’avoir perdu la guerre. La guerre d’Algérie reste une plaie béante et douloureuse. C’est une guerre qu’on a gagné militairement mais qu’on a perdu moralement.

Notre peuple a beaucoup de ressources, encore faut-il lui faire comprendre que c’est un grand peuple. Je fais partie d’une dynastie politique et, lorsqu’on le rappelle, je ne considère pas cela du tout comme une critique parce que le principe des dynasties s’inscrit dans quelque chose de grand. Quand on est un élément d’une dynastie, on est responsable de ce qui a été fait avant. Être Français, c’est ça. Nous sommes les héritiers de beaucoup de choses, et on s’inscrit aussi dans l’avenir et c’est cela qu’il faut rendre aux Français: la conscience qu’ils font partie d’un peuple et non pas d’un conglomérat de fonctionnaires, de castes, etc. Le Front National est le seul à porter ce discours de vérité et de grandeur.

L’Europe «de Bruxelles», comme on la qualifie en France, est-elle l’incarnation de l’anti-France et par là de l’anti-Europe ?

Oui, je pense. L’Europe, c’est une civilisation, c’est une culture. Il faut être aveugle pour ne pas voir ce qui nous lie les uns aux autres. C’est l’alliance de nos vieilles traditions et de la chrétienté. L’Europe n’a jamais été aussi forte que lorsque les Nations sont fortes et souveraines. L’Union européenne, au contraire, s’est construite sur des critères exclusivement économiques qui vont à l’encontre de la valeur sacrée de l’Homme qu’on a toujours défendue en Europe. L’Europe aujourd’hui, ce sont des leviers qui servent à influer sur les salaires des gens ou à renflouer les banques. On a complètement inversé les valeurs.

L’Union européenne méprise l’identité européenne. Elle met tout en œuvre pour, la déconstruire et la détruire. Cette Europe-là refuse de dire ce qu’elle est et ce qu’elle représente. La République, c’est la même chose. Elle n’a de sens que si elle s’inscrit dans le concret. Or, aujourd’hui, on a tendance à considérer que les institutions en elles-mêmes suffisent à légitimer la politique. Non, les institutions en elles-mêmes ne suffisent pas. C’est parce qu’elles s’inscrivent dans un certain nombre de valeurs qu’elles prennent du sens. Nous n’avons pas forcément les mêmes valeurs que d’autres civilisations, on n’a pas forcément les mêmes notions du bien et du mal, de la place de la femme dans la société. On refuse de voir cette identité qui nous est particulière, pourtant c’est cette identité qui est le meilleur rempart contre les dangers qui nous guettent. Donc oui, cette Union européenne est, paradoxalement, profondément anti-européenne. Elle est donc à combattre, justement au nom de notre identité.

Connaissez-vous la Belgique et son labyrinthe institutionnel ?

Je connais mal la Belgique. Je la connais surtout pour y voir beaucoup de compatriotes s’y installer pour fuir notre enfer fiscal. Tous ces Français en ont marre d’être spoliés en France, mais ils aiment leur pays et ils ne veulent pas s’en éloigner trop. Je connais aussi vos dissensions internes. Nous avons une longue histoire commune mais, pour ma part, je suis, comme Marine Le Pen, pour un rattachement de la Wallonie à la France. Nous partageons la même langue et la même culture. Le Vlaams Belang veut l’indépendance pour la Flandre, nos positions sont donc complémentaires.

Quels est votre message aux Flamands et aux Bruxellois pour les élections fédérales, régionales et européennes du 25 mai 2014 ?

Mon message est un message de confiance. Vos compatriotes doivent savoir que ce qu’ils vivent n’est pas propre à la Belgique. C’est un phénomène généralisé au sein de l’Union européenne, mais on voit partout en Europe l’émergence de partis comme le Front National, le Vlaams Belang, les démocrates Suédois ou le FPÖ en Autriche qui offrent une alternative politique : une nouvelle génération politique voit le jour. Et cela est très encourageant. Nous avons l’espoir, tous ensemble, de faire trembler la majorité au sein du Parlement européen après les élections du 25 mai 2014.

Marion Maréchal-Le Pen, merci pour cet entretien passionnant, riche et profond. Nous avons encore un long chemin à parcourir ensemble en toute fraternité et après cet entretien nous savons que la pérennité de la dynastie Le Pen est assurée avec charme et brio. Encore merci.

C’est moi qui vous remercie.

2 réflexions au sujet de « Entretien exclusif avec Marion Maréchal-Le Pen, député du Front National »

  1. max

    je suis contre le vote des étrangers ,pourquoi ; par ce que comme le mot veut déjà le dire ils ne sont pas français et nous ,nous ne sommes pas conviés à voter dans leurs pays .la descendance de l immigration qui sont née en France qui ont la nationalité française peuvent voter et je pense que c est déjà beaucoup et dangereux .certaines communautés ne nous aime pas ,si autrefois patrons voyous et leurs complices aux pouvoir ont fait venir des millions d immigrants ,ce n est pas pour leurs conforts mais bien pour les exploités les pressé comme des citrons pour remplacer les travailleurs français qui en avait marre et qui commençaient à se révolter contre les abus des patrons ,des mauvais salaires ,et des conditions de travaille .aujourd’hui ce n est plus le cas ,ces communautés par le biais de la religion veulent nous asservir ,ils veulent notre peau ,ils veulent conquérir le monde , et trouvent des idiots ,des lâches ,et des collabos ,pour les amener la ou ils le souhaite .qui dit vote des étrangers ,dit se présenter ,et nous irons vers une dictature religieuse car si la France et laïque ,elle ne le seras plus longtemps avec des gens qui ont une pensée unique ,et tuer ceux qui ne voudrons pas s y plier .

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  2. Ivan Kellermann

    Oui, une nouvelle génération politique voit le jour: comment pourrait-il en être autrement? Les pouvoirs s’usent mais ceux qui ont été mis en place par des cornichons qui imaginaient tous avoir trouvé une panacée bonne pour les siècles des siècles. En plus, ils ont voulu réaliser l’utopie de la « Tour de Babel ». Il suffit de relire le mythe biblique pour savoir qu’à la fin, « tous s’en allèrent car ils ne pouvaient vivre dans la confusion ». Vos adversaires, Monsieur Sessler, Madame Maréchal-Le Pen, sont les facteurs de la confusion babélienne. Ils vont crever. C’est la loi de la nature.

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