Entretien avec Patrick Sessler (janvier 2009)

En janvier 2009, Patrick Sessler est député de Bruxelles et secrétaire général du FN belge. Il est interviewé sur le site NP INFO en janvier 2009.

Après une brève présentation personnelle et avoir évoqué son ancien engagement politique au sein de l’ex Vlaams Blok (actuel Vlaams Belang), Patrick Sessler évoque l’ostracisme politico-médiatique du Système envers son parti. Ensuite il aborde en détail la doctrine politique de son mouvement profondément rénové et assaini. Comme en France, la Belgique souffre de l’immigration-colonisation et de l’islamisation galopante. Pour finir, Patrick Sessler évoque les élections européennes du 7 juin 2009.

Nations Presse Info: Pouvez-vous vous présenter brièvement aux lecteurs de NP Info qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai 50 ans, je suis issu d’une famille de commerçants et je suis marié à Monique.

Je milite dans la mouvance de droite nationale depuis mes 16 ans, d’abord au Front de la Jeunesse et ensuite au Front National et au Vlaams Blok (Vlaams Belang aujourd’hui). J’ai été conseiller  communal pendant 11 ans dans la commune bruxelloise très multiculturelle de Schaerbeek. J’y ai siégé d’abord sous l’étiquette FN, ensuite, lorsque ce parti s’est effondré en raison d’une gestion plus que fantaisiste, j’ai rejoint le Vlaams Blok où j’ai travaillé pendant 5 ans comme secrétaire d’arrondissement pour Bruxelles.

Je suis retourné au FN pour y mettre de l’ordre, en plein accord avec mes amis flamands du VB. Depuis janvier 2008, je suis député régional bruxellois FN et depuis septembre 2007. J’occupe la fonction de Secrétaire général du Front National belge.

On me reproche une certaine radicalité idéologique que j’assume volontiers.

NP Info: Pouvez-vous évoquer votre militantisme au Vlaams Blok (actuellement Vlaams Belang) et l’influence politique de Filip de Man dans votre engagement politique ?

Filip De Man est un véritable ami personnel. Son style à l’emporte pièce et sa puissance de travail m’impressionnent encore aujourd’hui. C’est quelqu’un qui s’est engagé dans le combat politique avec un idéal fort : la défense de l’identité flamande en Belgique et en Europe, et, par là même, la défense de l’identité européenne dans le monde. Il est un adversaire farouche et redoutable de la société multiculturelle et il s’est armé dans son combat d’un bagage culturel immense qui lui permet de  croiser le fer avec brio et panache avec ses adversaires au sein du parlement fédéral.

Mais De Man mène aussi le combat sur le plan métapolitique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont deux particulièrement puissants où il fait le parallèle avec l’antiquité et notre époque et où il redonne forme et modernise nos arguments. Ces ouvrages ne sont malheureusement disponibles qu’en néerlandais. J’ai commencé leur traduction mais il faut du temps et c’est hélas ce dont nous disposons le moins.

Filip De Man influence donc en permanence mon engagement politique.

NP Info : Pouvez-vous évoquer les persécutions politico-médiatiques du Système à l’encontre de votre parti ?

Comme vous le savez, pour le Front National, défendre ses idées relève d’un parcours d’obstacles parsemé d’embûches et de chausse-trappes.

Sachant que le Front National rénové peut créer la surprise, les vieux partis du pouvoir ont lancé une offensive d’une violence inouïe à son encontre.

Une requête présentée par ces partis devant le Conseil d’État vise à retirer la dotation financière au FN qui est déjà en situation financière plus que précaire suite à la gestion délictueuse de l’équipe précédente.

Que les choses soient claires : il ne s’agit pas ici de défendre les droits de l’homme ou les vertus outragées de la démocratie, ni même de lutter contre un racisme supposé.

Patrick Sessler, député de Bruxelles et secrétaire général du FN belge

Il s’agit d’éliminer de la bataille politique un parti en plein développement, qui a su se débarrasser de ses «parvenus», contrairement à TOUS les autres, et qui représente désormais un danger pour un pouvoir jusqu’à présent inamoviblement confit dans ses turpitudes.

Sur le plan médiatique, il existe  en Belgique un « cordon sanitaire » à peine officieux, il s’agit d’un accord entre TOUS les médias pour ne JAMAIS donner la parole aux responsables du FN. En Flandre, par contre, nos amis du VB sont invités sur les plateaux de télévision et sont régulièrement interviewés dans la presse écrite. La seule interview récente que j’ai donnée et qui a été publiée, l’a été dans un hebdomadaire flamand (P-Magazine).

NP Info: Pouvez-vous présenter votre projet de rénovation politique et doctrinale afin que le FN belge devienne un acteur incontournable sur la scène politique belge ?

Bien sûr.

La doctrine du Front National s’inscrit dans la tradition de la droite nationale, comme elle a été développée en France, au Danemark, en Autriche, mais sans tomber dans le piège de l’entrisme à tout prix comme l’Alliance Nationale italienne.

Nous refusons le « ni droite ni gauche » au profit du « à la fois la droite et la gauche ».

Notre combat fondamental est celui de la défense de TOUTES les valeurs européennes, de ce qui fait l’identité européenne et sa grandeur.

La richesse de l’Europe, c’est la multiplicité de ses foyers de culture, ce qui implique le respect des régions, des dialectes, des usages, des gastronomies, bref tout ce qui détermine nos peuples.

Notre pays connaît trois langues nationales : le français, le néerlandais et l’allemand. C’est une richesse considérable qui permet d’avoir les yeux ouverts sur d’autres mentalités. Ceci constitue la seule multiculturalité qui vaille. Celle qui existe entre peuples qui partagent les mêmes valeurs, la même histoire, souvent la même religion, bref, le même destin.

Il est révélateur de constater que dans le débat communautaire qui fait rage aujourd’hui en Belgique, le VB et le FN s’entendent à merveille et ne connaissent aucun débat de ce type entre eux.

Nous pensons que la libre entreprise doit rester le moteur de l’économie et que l’État doit remplir un rôle régulateur, sans plus.

Nous pensons que l’Europe doit mener une politique nataliste et que pour que cette politique soit efficace, il faudra faire des choix en termes d’allocations familiales. Nous savons également que pour mener cette politique, il faudra changer certaines lois liberticides, nationales et européennes, taillées sur mesure pour les groupes de pression intégrationnistes.

Nous voulons une défense européenne intégrée au service des intérêts des européens. Une force d’intervention rapide redoutable et redoutée s’impose dans le contexte actuel.

Nous voulons lutter contre l’islamisation de nos écoles et de nos institutions et faire respecter la laïcité sans la moindre exception.

Sur le plan institutionnel, nous ne sommes pas opposés à ce que les régions obtiennent plus d’autonomie et, si le « vivre ensemble » belge apparaît comme impossible à l’avenir, nous ne sommes pas opposés à l’une ou l’autre forme de confédéralisme.

En ce qui concerne l’immigration, nous voulons un cadastre des coûts de l’immigration afin de disposer des éléments objectifs indispensables pour mener une réflexion sérieuse et complète sur la question. Il faut également abroger les lois liberticides du genre lois antiracistes et anti-discriminations afin que tous les aspects du problème puissent être abordés sans tabous et sans restrictions.

Voilà, à très gros traits, les chantiers politiques que nous voulons développer, sans oublier bien entendu, sur le plan socio-économique la responsabilité directe des syndicats dans l’évolution du chômage (en Belgique, les Syndicats touchent de l’argent de l’État pour gérer les dossiers des chômeurs et ce sont les syndicats qui versent les allocations de chômage !).

Sans oublier non plus, les questions environnementales, de mobilité, de défense du patrimoine, etc.

Sur le plan de l’organisation, sujet qui m’est particulièrement cher comme Secrétaire général, nous allons poursuivre la professionnalisation du parti et nous allons aborder une grande campagne d’implantation locale, cette campagne est actuellement menée parallèlement à notre travail en vue des élections européennes et régionales du 7 juin 2009, mais elle prendra toute son ampleur après le scrutin. Ceci demande un travail en profondeur qui nécessite du temps et de la sérénité et les campagnes électorales n’offre ni l’un ni l’autre.

De plus, nous voulons rompre avec le passé en choisissant des responsables à la hauteur de la tâche, ce qui est souvent une véritable gageure. Notre philosophie est de préférer attendre d’avoir les personnes compétentes localement avant la création d’une section. Si nous ne trouvons pas ces personnes, nous préférons ne pas créer une structure qui va poser problème et qui va ternir notre crédibilité.

NP Info : Pouvez-vous évoquer la situation de l’immigration massive et de l’islamisation galopante en Wallonie en général ainsi qu’à Bruxelles et Molenbeek en particulier ?

Le FN dénonce avec colère et détermination la lâcheté de ceux qui ont la prétention de nous gouverner en ce qui concerne l’immigration.

S’il y avait un prix Nobel de l’hypocrisie, la Belgique l’aurait remporté depuis longtemps.

L’immigration est officiellement stoppée par une loi de 1974.

Qu’en est-il en réalité ? Le flux migratoire n’a pas arrêté, il s’est même amplifié ! Comment ? D’abord par une loi sur l’acquisition de la nationalité qui est la plus souple du monde. Il suffit de se présenter au guichet de l’État civil de la commune de résidence et prouver que vous habitez depuis 5 ans en Belgique et la procédure de naturalisation est amorcée. AUCUNE condition n’est requise, ni la connaissance de l’une de nos trois langues nationales, ni la preuve d’un minimum de revenus, ni de déclaration d’attachement (je ne dis même pas d’amour) à notre pays… RIEN !

Ensuite il y a la régularisation des illégaux, déjà une fois massivement, mais le Ministre de l’Intérieur en régularise quotidiennement au cas par cas. Il y a le regroupement familial, ici aussi la Belgique bat tous les records de laxisme et il y a les fameux « demandeurs d’asile » qui, de l’aveu même des autorités et des milieux qui-portent-la-souffrance-du-monde-sur-leurs-épaules, n’ont absolument rien à voir avec l’asile politique et tout à voir avec l’espoir (compréhensible) de s’installer dans un pays très généreux et peu regardant.

Il est évident que ce flux migratoire a radicalement changé l’aspect de nos villes et de nos villages. Ces bouleversements sociologiques ont des conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes. En disant cela, chacun sait de quoi je parle, mais les lois de mon pays m’empêchent de faire le détail de ces bouleversements.

Heureusement, il y a une résistance politique, le Vlaams Belang en Flandre et le Front National à Bruxelles et en Wallonie.

La machine peut encore faire marche arrière, mais il est moins cinq.

NP Info : Si votre mouvement parvient à récolter les 5.000 signatures nécessaires à la présentation d’une liste, quels seront vos objectifs pour les élections européennes de juin 2009 ?

Nous savons déjà, à l’heure où je vous réponds, que nous aurons réussi le pari de ces 5.000 signatures, je suis moi-même quotidiennement sur le terrain.

Sur le plan politique, la partie francophone de notre pays a perdu un siège au Parlement Européen suite à l’intégration des derniers pays au sein de l’Union Européenne.

Avec peu de finances et aucun accès aux médias télévisuels, notre chance de décrocher un élu est proche du zéro absolu. Mais nous serons présents et nos électeurs pourront choisir leur parti également pour ce scrutin et puis… on ne sait jamais !

Propos recueillis par NP Info.

NP Info adresse tous ses remerciements à Patrick Sessler qui a eu la gentillesse de répondre à ces questions.