Entretien avec Frédéric Erens, président du Vlaams Belang en région bruxelloise et tête de liste pour le Parlement flamand à Bruxelles

Entretien avec Frédéric Erens, président du Vlaams Belang en région bruxelloise et tête de liste pour le Parlement flamand à BruxellesLa communication du Vlaams Belang bruxellois a été colossale en 2013 ?

En effet, le travail accompli est impressionnant: un toutes-boîtes sur le coût de l’immigration, un autre sur le thème «rendez-nous notre argent», encore un  autre sous forme d’almanach. De même, distribution de trois publications différentes dans toutes les boîtes aux lettres des 19 communes bruxelloises, soit 57 publications originales. La publication d’une brochure en français sur l’immigration ainsi que la traduction, en français également, du livre de Philip Claeys, «Entrer sans Frapper» sur la politique de l’UE en matière d’immigration. Il y a aussi nos publications habituelles comme «Brussels Nieuws» qui est publié quatre fois par an et «Vérités Bruxelloises» six fois. Sans oublier bien entendu notre poisson d’avril sous forme d’un clip vidéo de trois minutes visant à décourager l’immigration vers Bruxelles. Là ce fut carrément le buzz avec plus de 200.000 visionnements. Enfin, last but not least, notre congrès sur Bruxelles et à Bruxelles, à Forest pour être tout à fait précis, qui a rencontré un succès considérable. Tout ceci a demandé un engagement total de notre équipe.

Ce congrès devait rappeler et préciser la position du Vlaams Belang par rapport à Bruxelles, qu’en est-il ?

Nous y avons rappelé l’attachement indéfectible du Vlaams Belang à Bruxelles. Notre parti considère que francophones et néerlandophones peuvent sortir notre ville de la situation catastrophique où elle se trouve à condition de se respecter mutuellement. Nous y avons également souligné que, quelle que soit l’évolution institutionnelle du pays, nous garantissons à tous les Bruxellois la parfaite égalité des droits en matières d’usage des langues, d’enseignement, d’accès aux prestations culturelles, etc.

Il était important de le rappeler ?

Absolument, et ceci pour deux raisons essentielles: d’abord parce que nous constatons de plus en plus dans certains milieux flamands une tendance à abandonner Bruxelles à son triste sort, comme c’est le cas de la N-VA. Ces nationalistes en papier mâché sont effrayés par l’immigration massive qui s’est établie dans la capitale et ils sont impressionnés par la rigidité et l’arrogance du personnel politique francophone. Dès lors, ils considèrent que la cause de la fraternité entre flamands et francophones est perdue d’avance et n’hésitent pas à vouloir sacrifier les Flamands de Bruxelles. Le Vlaams Belang ne veut plier pour personne, il n’a peur de personne, parce que son combat est imprégné d’un véritable idéal totalement étranger à tout calcul politicien. Pour le Vlaams Belang, le Flandre ne peut rien sans Bruxelles et Bruxelles ne peut rien sans la Flandre. C’est dans cette saine et logique synergie que se trouve l’espoir de notre renouveau. Ensuite, il était bon de rappeler tout cela parce que les francophones bruxellois ne connaissent les positions du Vlaams Belang qu’à travers de ce qu’en disent les médias francophones subsidiés, donc orientés. Nos positions de bon sens en matière d’insécurité et d’immigration sont connues parce qu’elles sont injustement taxées de «racistes» par ces mêmes médias, sans que ceux-ci ne nous offrent la possibilité de répondre. Heureusement, de plus en plus de gens savent décrypter l’information. Mais en ce qui concerne notre programme socio-économique, nos positions sur l’écologie, l’enseignement, la culture et notre projet sur Bruxelles, c’est le silence complet du côté des médias francophones. Ils se contentent de répéter sans cesse que le Vlaams Belang veut «flamandiser» Bruxelles, ce qui est une contre-vérité absolue qui nous hérisse le poil.

Pourtant, ces mêmes médias francophones invitent régulièrement des personnalités politiques du nord du pays à participer à des débats télévisés, mais ce ne sera jamais le cas de la RTBF par exemple parce que cette télévision de «service public» financée avec l’argent des contribuables s’est dotée d’un dispositif, un règlement, qui lui «interdit» de donner la parole aux partis dits «antidémocratiques». Par contre le PS est omniprésent sur leur antenne, alors que le comportement d’un nombre important de ses élus s’apparente plus à l’association de malfaiteurs qu’à un parti politique. C’est sans doute ça la «démocratie» pour la RTBF.

Dans quelques semaines nous irons voter pour le parlement européen, le fédéral, le Parlement flamand et bruxellois. Or, lors des dernières élections communales de 2012, ce ne sont pas moins de 25% des électeurs qui ne s’étaient pas déplacés ?

Je pense que les Bruxellois, comme moi, connaissent bien leur ville. Ils ne sont pas dupes. Ils constatent qu’il y a un fossé abyssal entre les «bonnes nouvelles» annoncées par les partis politiques et la réalité quotidienne. Je ne leur ferai pas l’injure de rappeler dans le détail la situation de la propreté publique, de l’incivisme généralisé, de la mobilité, de la fiscalité, de l’enseignement, de l’insécurité et de l’immigration venue désormais littéralement des quatre coins du monde. Toutes les politiques menées dans ces domaines fondamentaux se sont soldées par des échecs d’ampleur variable.

Les Bruxellois de souche, découragés, fuient massivement la ville qu’ils ont tant aimée et ils sont remplacés par de «nouveaux bruxellois» de telle sorte que nous assistons à un véritablement remplacement de population. Inutile de dire que les premiers et les seconds ne partagent pas les mêmes habitudes de vote. Autre phénomène, le nombre de naissances comparées entre les familles autochtones et allochtones. Parmi ceux qui ne sont pas allé voter il y avait certainement un grand nombre de «nouveaux belges» qui, ne sachant peut-être ni lire ni écrire, n’ont pas tenté l’aventure et d’autres, sans doute tout aussi nombreux, que ce pays n’intéresse pas en dehors des avantages divers qu’il prodigue. Et il y a le profond dégoût que de nombreux bruxellois ressentent pour la politique. Ajoutons qu’en 2012, la ministre Turtelboom avait annoncé que ceux qui n’iraient pas voter ne seraient pas poursuivis et vous avez un aperçu assez complet des raisons pour lesquelles 25% des électeurs ne se sont pas déplacés en 2012.

Comment faire pour convaincre ceux qui, parmi les «absents» de 2012, aurait pu voter pour le Vlaams Belang ?

Il est devenu un peu bateau de dire que «si vous vous ne vous occupez pas de la politique, le politique, par contre s’occupe de vous». Pourtant cette porte mérite d’être à nouveau enfoncée. Si l’hémorragie des contribuables bruxellois vers des contrées plus clémentes en termes de qualité de vie et de fiscalité se poursuit au même rythme, Bruxelles connaîtra le sort peu enviable de la ville américaine de Detroit qui vient d’être déclarée en faillite. Il y règne depuis des années un climat post apocalyptique avec des bandes armées qui écumes les quelques quartiers encore habités et les derniers descendants des européens ont fui la ville sans espoir de retour. Ce scénario est inacceptable pour Bruxelles. Nous sommes à l’heure des choix, maintenant ou jamais. Ne pas aller voter, et, permettez-moi de le dire, ne pas voter pour le Vlaams Belang, signifie qu’on marque son accord sur l’évolution délétère de la capitale. Nous avons rappelé lors de notre congrès de Forest que nous sommes des partisans passionnés de l’union des Bruxellois francophones et néerlandophones, à droits égaux, pour reconstruire notre ville sur des bases saines. Les ennemis de Bruxelles sont nombreux et puissants: les partis politiques, les «profiteurs» de toutes origines, l’Union européenne. Tous réfléchissent à un Bruxelles qui n’existe que dans leur imagination. Seul le Vlaams Belang voit les choses comme elles sont, sans haine et sans tabous et il propose des solutions de bon sens. Dans ce contexte, ne pas se déplacer pour porter son suffrage sur les listes du Vlaams Belang s’apparente à de la désertion. C’est maintenant qu’il faut du courage et de l’espoir. Tout peut changer, l’histoire n’est jamais écrite à l’avance. Qui aurait imaginé il y a 30 ans que le communisme allait s’effondrer? Personne. Pourtant cette révolution a eu lieu. Rien n’est irréversible à condition de le vouloir, alors de grâce, agissons !

Frédéric Erens, vous serez tête de liste pour le Parlement flamand. Pourquoi ce choix ?

C’est un choix délibéré. Je pense que l’on n’entend pas assez la vision bruxelloise au sein du Parlement flamand et je pense donc que l’avis des Bruxellois n’est pas suffisamment pris en compte. Prenons un exemple concret. La région flamande a publié une brochure bilingue intitulée: «Migrer en Flandre; Coffret d’introduction pour les familles immigrantes». Il y est expliqué comment il faut se comporter lorsqu’on veut s’installer en Flandre. Il y a de nombreuses remarques de fond à formuler sur cette brochure, mais le fait est qu’elle existe et qu’elle met les points sur les i dans toutes une série de domaines touchant aux règles de vie dans une région européenne où la religion ne fait pas force de loi. Eh bien figurez-vous que cette brochure n’a pas été distribuée à Bruxelles où, vous en conviendrez, ces problèmes sont d’une autre ampleur qu’en Flandre. Qui mieux qu’un Bruxellois serait en mesure d’intervenir sur cette question ?

Par ailleurs, je me fixe comme ambition de mieux faire connaître le «problème» bruxellois aux élus flamands afin qu’ils mesurent mieux les défis qu’il implique. De même, la Flandre doit continuer à soutenir Bruxelles, mais les moyens doivent être mieux investis, notamment dans des projets concrets aux résultats palpables. Aujourd’hui, l’argent flamand est dilapidé dans toute une série de projets idéologiquement inspirés par l’immigrationnisme et l’angélisme sociologique. Un autre élément passionnant est le fait que mon bon ami Dominiek Lootens est tête de liste pour le Parlement bruxellois et que nous sommes complètement sur la même longueur d’onde, comme toute l’équipe bruxelloise d’ailleurs. Nous pourrons travailler de concert pour faire avancer les dossiers cruciaux pour l’avenir de Bruxelles et des Bruxellois. Pour cela, nous avons besoins que la confiance des électeurs soit réitérée. Nous partons du principe que ce sera le cas parce que le paysage politique de Bruxelles sans le Vlaams Belang, c’est la disparition pure et simple de la seule opposition politique existante et donc l’assurance que les larrons pourront continuer impunément à faire la foire.

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