Encore 60 millions d’allochtones en plus, par Philip Claeys, député européen du Vlaams Belang

Philip Claeys, député européen du Vlaams BelangLe Parlement européen a voté le 22 avril 2009 une résolution concernant la politique commune en matière d’immigration. Le Vlaams Belang a été le seul parti belge à voter contre cette résolution. Tous les autres partis (NV-A, VLD, SPa, Groen et CD&V, PS, ECOLO, CDh et MR) ont voté pour. Le paragraphe 13 du texte en question «rappelle qu’aux alentours de 2050, 60 millions de travailleurs immigrés seront nécessaires selon les prévisions de la Commission. Ce qui implique qu’il faut rendre possible l’immigration par des voies légales». Précisons que les projets européens en la matière n’ont pas changé et que cette question reste d’une brûlante actualité.

L’arrivée de 60 millions de nouveaux immigrés non-européens ne constitue pas une nouvelle vague d’immigration, il s’agit en fait d’une immigration-tsunami. C’est quasiment la population totale d’un pays comme la France qui devrait venir s’installer ici selon utopistes déphasés de l’UE. Où et comment ces nouveaux immigrés doivent se loger et trouver du travail n’est pas précisé par le document. Aucune leçon n’a donc été tirée des fautes commises dans le passé: par l’invitation massive de travailleurs immigrés venus d’Afrique du Nord et de Turquie dans les années 60 et 70, de nombreuses villes européennes sont aujourd’hui confrontées à de gigantesques problèmes. Pourtant, c’est ce que l’Union européenne veut refaire, à l’identique.

Dans le paragraphe 18 de la résolution, le Parlement européen se réjouit que le texte de la «carte bleue» ouvre la porte à une politique commune en matière d’immigration légale mais il fait appel aux pays membres «pour qu’ils progressent mieux dans le sens de l’établissement de normes communes concernant une politique d’immigration qui ne se limite pas à des travailleurs hautement qualifiés».

La «carte bleue» voulue par la Commission européenne se veut le pendant européen de la «green card» américaine, le permis de séjour qui offre également le droit de travailler aux Etats-Unis. Officiellement, il s’agit d’attirer des travailleurs hautement qualifiés vers l’Union européenne et, de cette façon, occuper les emplois vacants dans certaines professions plus rapidement et plus facilement. Du même coup on réglerait également le problème du vieillissement de la population. En fait, la Commission européenne et ses supporters au sein du Parlement européen voient le monde comme un supermarché où il est loisible sans aucune limite de déplacer des travailleurs comme des marchandises, d’un pays à un autre. Un supermarché où l’UE est en concurrence avec d’autres parties du monde pour attirer les travailleurs qui possèdent les meilleurs potentiels.

Cela paraît sans doute séduisant, mais la réalité est hélas bien différente. Contrairement à ce que l’on veut faire croire, le programme «carte bleue» témoigne d’une vue à court terme. En attirant des travailleurs issus de pays situés hors de l’Europe, on réussira sans doute à combler certains vides dans certains secteurs, mais on créera de nouveaux problèmes lorsque ces travailleurs feront venir leurs familles et qu’il apparaîtra que celles-ci ne peuvent ou ne veulent s’intégrer dans notre société. En ce qui concerne les pensions, ces nouveaux allochtones vieilliront à leur tour et devront donc être remplacés à terme par de nouveaux immigrants.

En captant à grande échelle les talents issus des pays en voie de développement ou des pays émergents, on organise une véritable fuite des cerveaux. Cette hémorragie des qualifications fera en sorte que ces pays resteront confrontés à leurs problèmes ou les précipiteront dans les problèmes. La conséquence sera qu’ils seront encore plus dépendants de l’aide au développement (déjà si peu efficace en soi). La suite logique est que le phénomène provoquera encore plus d’immigration vers l’Europe. Une immigration composée d’individus dont la grande majorité échouera dans l’assistanat. C’est donc le tonneau des Danaïdes dans toute sa splendeur symbolique.

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