Communauté française: la machine à fabriquer des crétins, par Patrick Sessler

Tout le monde est d’accord là-dessus, l’enseignement en partie francophone du pays est une catastrophe dont on n’évalue pas encore tout à fait la mesure. Il serait facile d’en rire si les enjeux n’étaient pas aussi cruciaux. Comment peut-on rêver d’une relance économique si on ne dispose pas d’une armée de jeunes diplômés talentueux munis d’un bagage supérieur à celui de nos concurrents. L’apprentissage parfait de la langue maternelle est à l’évidence le fondement essentiel sur lequel se construit le reste des formations possibles dans tous les domaines. Il en est même la condition sine qua non. Pourtant, le Soir du 24 septembre fait un constat dramatique: «Le taux d’échec important, en première année, dans l’enseignement supérieur est pour partie imputable à une mauvaise compréhension des énoncés». Vous avez bien lu, ces jeunes frais émoulus de l’enseignement secondaire ne sont pas capables de comprendre les questions posées. Mais que s’est-il passé pendant les douze années scolaires précédantes et comment se fait-il qu’ils aient obtenu leur laisser passer pour l’enseignement supérieur? Pour Jean-Louis Dumortier, Professeur à l’ULG en didactique des langues romanes «Le problème se manifeste dès l’école primaire. Les journaux nous disent que 90% des enfants réussissent le CEB. Oui, mais il y en a combien qui le réussissent entre 50 et 60% ? je connais bien les épreuves du CEB, qui ne sont pas des épreuves difficiles: un enfant qui le réussit avec moins de 60% incontestablement, il entre dans le secondaire avec un handicap. Et je dirais qu’un élève sur quatre y entre avec un handicap. Si l’on remonte à la source, je suis au regret de dire qu’il y a un gros problème s’agissant de la formation des instituteurs. Ce problème est lié aux structures de la formation. Les instituteurs sont formés par des agrégés du secondaire supérieur qui, à l’université, n’ont reçus aucune formation spécifique pour ce faire. Ils enseignent dès lors des choses qu’ils ne connaissent pas bien ou qu’ils n’apprennent qu’au fil de leur carrière». Inutile dès lors d’épiloguer sur l’apprentissage des langues autres que le français si la situation est ce qu’elle est en ce qui concerne la langue maternelle. Suite au témoignages de nombreux enseignants, nous savons qui a saboté notre enseignement: ce sont les créatures placées aux manettes des organes de décision par le pouvoir politique en place à la Communauté française. Pour des raisons idéologique ils ont voulu créer une «école de la réussite», concept abstrait vide de sens. Cette «école de la réussite» implique que TOUS les jeunes doivent réussir, même (et sans doute surtout dans leur esprit) s’ils en sont incapable. De la méthode globale en passant par la suppression des cotations chiffrées et le passage automatique à la classe supérieure, toutes les conditions ont été réunies pour que cette «école de la réussite» se solde par un dramatique échec. Il fut un temps où les élèves qui sortaient de l’école primaire savaient lire, compter et comprenaient les questions posées. Le mode éducatif de l’époque doit sans doute heurter la sensibilité à fleur de peau des pédagogues encartés de la Communauté française d’aujourd’hui mais à résultats comparés, il n’y pas beaucoup de parents qui s’opposeraient au retour des vieilles méthodes qui ont fait leur preuves: discipline, méthode, travail.

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