Belgique: un sursaut patriotique contre l’effondrement de la protection sociale, par Patrick Sessler

Belgique: un sursaut patriotique contre l’effondrement de la protection sociale, par Patrick Sessler«La protection sociale belge est 20 milliards trop chère», titrait La Dernière Heure ces jours-ci. Le réveil est plutôt brutal. Le Bureau du Plan qui considère que l’effort à fournir pour équilibrer les finances publiques, en tenant compte du vieillissement, serait de 5% du PIB, soit 20 milliards d’euros selon la valeur actuelle du PIB: «Sans assainissement ni réformes structurelles supplémentaires, les dépenses de pension et de soins de santé augmenteront de 7,1 pc du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2060 tandis que les autres dépenses sociales ne se réduiraient que d’1,7% en 2060».

Le vieillissement de la population est évidemment la cause première du problème. En 2012, on comptait 3,7 actifs pour une personne de plus de 65 ans. En 2060 ils ne seront plus que 2,2 actifs si rien ne change. Le système n’est plus finançable à moyen terme.

Nos concitoyens doivent être conscients des enjeux. Il s’agit ici de nos pensions, c’est-à-dire de pouvoir vieillir dans le confort et la dignité après une vie de travail. Il s’agit de notre santé et de celles de ceux que nous aimons. Il s’agit de la solidarité nationale qui doit aider et soutenir les malades ou les victimes du chômage.

Ce ne sont pas que les solutions avancées, comme la réforme des pensions, le désendettement, la hausse de la croissance et la moindre liaison des allocations sociales au bien-être, qui nous sortiront de la spirale infernale. D’abord parce que le désendettement et la hausse de la croissance relèvent actuellement de la plus pure hypothèse.

Il faut également sortir des cadres conventionnels de pensée pour trouver les solutions à ce problème dramatique. Nous devons éradiquer toute préoccupation «morale» et/ou «éthique» du débat pour ne voir que les faits dans leur froide réalité.

Nuançons toutefois: la protection sociale est la mise en pratique de la solidarité nationale. Elle est le fruit de longues et difficiles luttes sociales menées par les générations précédentes. J’affirme que le glissement de la notion de solidarité nationale vers un concept de solidarité mondiale est à l’évidence l’une des principales raison de l’effondrement de notre système de sécurité sociale. Il ne peut, selon moi, être question de morale et/ou d’éthique que pour celles et ceux qui sont les bénéficiaires naturels de la solidarité nationale, c’est-à-dire les nationaux. Celles et ceux qui appartiennent à la communauté nationale. Cette solidarité nationale est effectivement un devoir moral sacré qui pérennise et soude le peuple. Il est déjà assez triste d’avoir vu cette solidarité galvaudée par l’octroi quasi sans conditions de notre nationalité à une masse de personnes dont rien ne laisse à penser qu’ils appartiennent ou qu’ils souhaitent réellement appartenir à la communauté nationale, ni dans leur comportement ni dans leur propre «morale» ou «éthique».

Aujourd’hui, les flux migratoires perdurent: demandeurs d’asile, illégaux, regroupement familial, ressortissants de l’Europe de l’est… C’est dire si le déficit de la sécurité sociale ne pourra pas être endigué s’il n’y a pas de sursaut patriotique à brève échéance.

D’abord et avant tout, il faut combattre et éliminer le fléau des abus qui grèvent lourdement la sécurité sociale. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, des voix officielles se sont déjà fait entendre sur le sujet. Sans remettre fondamentalement en cause le «principe» de la solidarité mondiale, les «acteurs de terrain», généreux par définition, ont été depuis longtemps rattrapés par la réalité. Les coûts de cette générosité sont d’une telle ampleur qu’il n’est plus possible de les occulter (voir les articles parus ici référencés en bas de page).

Les utopistes et les nihilistes hyper médiatisés et parfois anoblis nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui.

Qu’ont-ils cru ? Que nous étions historiquement à l’abri d’un effondrement économique et financier ? Que partant du principe que «la propriété c’est le vol», ce qui à nous est à tout le monde ?

Je considère que se montrer généreux avec l’argent des autres, c’est-à-dire avec le fruit de notre travail et des sacrifices et du travail des générations passées est un crime «intergénérationnel», une sorte de haute trahison sociale.

Nous n’avons ni les moyens ni l’envie d’hypothéquer notre avenir et l’avenir des générations futures sur base de concepts abstraits et flous comme la «morale» ou l’«éthique». Nous ne sommes responsables de rien. Notre éthique est que ce qui est juste est ce qui est bon pour notre peuple et en particulier pour nos familles et les gens que nous aimons, pour celles et ceux avec qui nous partageons le même destin, avec qui nous partageons la même culture et le même mode de vie. S’il reste quelque chose, nous verrons qui il convient d’aider au gré de nos intérêts, mais aujourd’hui il ne reste rien, même pour nous, parce que tout a déjà été donné.

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Une réflexion au sujet de « Belgique: un sursaut patriotique contre l’effondrement de la protection sociale, par Patrick Sessler »

  1. Ivan Kellermann

    La vraie “morale” et la vraie “éthique”, c’est de conserver les acquis sociaux pour lesquels nos prédécesseurs ont lutté. On ne galvaude pas un tel héritage. Ceux qui prêchent le galvaudage sont de dangereux utopistes et, au fond, des ennemis acharnés de toute véritable sécurité sociale.

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