Absentéisme des + de 50 ans… qui s’en étonne ? par Patrick Sessler

Absentéisme des + de 50 ans… qui s’en étonne ? par Patrick SesslerUne dépêche de l’agence Belga du 27 mars 2013, reprise par La Dernière Heure titrait: «Le Belge bat son record d’absentéisme en 2012»

Les absences de longue durée sont en forte hausse. Ce chiffre de l’absentéisme est en croissance quasi constante depuis 10 ans, mais 2012 bat tous les records: c’est ce qu’il ressort du rapport annuel du secrétariat social SD Worx. Cet absentéisme se révèle surtout dans les grandes entreprises avec 54 heures d’absentéisme contre 33 heures dans les PME.

L’augmentation de l’absentéisme de plus d’un mois mais de moins d’un an est général quel que soit le statut, mais elle est la plus forte en Wallonie et concerne plus particulièrement les travailleurs de plus de cinquante ans.

Les causes

SD Worx s’interroge sur les causes du phénomène et cite pêle-mêle le stress, la pression au travail, la démotivation et le burn-out.

Il nous semble que ces explications sont bien courtes et ne tiennent pas compte d’un facteur réellement déterminant, à savoir les changements opérés par le gouvernement actuel en matière d’accès à la pension, à la prépension et la limitation des possibilités d’accéder à des horaires réduits comme les 4/5ème qui avaient tant de succès chez les plus de 55 ans.

La réforme des pensions aurait dû se passer en douceur et ne concerner que les nouveaux arrivés sur le marché du travail. Le gouvernement, qui est le copier-coller de tous les gouvernements de ces dernières décennies, n’avait rien vu venir. Ni l’écroulement de l’économie et de la finance belge, ni le vieillissement de la population, rien de rien. C’est donc dans la fébrilité de la panique qu’on a changé les règles du jeu en cours de partie.

Colère sourde

Soudain les plus de cinquante ans ont vu leurs projets de fin de carrière saccagés. Il doivent maintenant travailler plus longtemps, mettant ainsi à mal leurs projets de vie.

S’imagine-t-on la frustration et même la colère sourde de celles et ceux à qui on a brisé leurs rêves. Ils se sentent trahis, pressés comme des citrons, méprisés, abandonnés par un système qui ne se révèle plus généreux que pour ceux qui viennent de loin pour profiter des largesses de notre sécurité sociale sans devoir travailler. Si on ajoute à cela que c’est grâce au fruit de leur travail que ces politiques du «tout à l’étranger» sont financées et que, cerise sur le gâteau, il leur est interdit d’exprimer le fond de leur pensée, on imagine bien qu’ils sont prêts à tout.

Ces femmes et ces hommes ont été victimes d’une véritable agression de la part de l’État belge. Désormais, tous les coups sont permis, y compris le certificat médical de complaisance de longue durée, à répétition. Ce n’est pas moral ? Sans doute. Est-ce compréhensible ? Malheureusement oui. Ce comportement relève à l’évidence de la légitime défense face à un système inique et cynique.

Loin de la réalité

Autre question: comment se fait-il que ce phénomène parfaitement prévisible (nous ne comptons plus les quinquagénaires qui nous avaient mis en garde), n’ai pas été prévu par ce gouvernement ? Parce que ceux qui nous gouvernement vivent immensément loin de la réalité. Entre citoyens responsables, nous gérerions la chose publique avec bien plus d’humanité, de bon sens et d’efficacité dans l’intérêt de NOS travailleurs et de leurs familles que ces autistes parvenus.

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